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Mercredi 20 décembre 2017

Aïe, aïe, aïe !


À quelques heures de la journée de clôture des États généraux de l’alimentation (EGA), les masques sont tombés. Tout ce qui laissait penser à une vraie prise de conscience de l’ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire pour changer la donne et arriver à une meilleure répartition de la valeur entre tous les maillons de la chaîne, a semble-t-il volé en éclat.

Non, les négociations commerciales ouvertes en novembre ne se passent pas bien. Les demandes de baisses de prix par certains distributeurs à leurs fournisseurs seraient en effet comprises entre 2 et 10 %. Non, la Charte d’engagements signée par tous dans le cadre des EGA n’est pas respectée. Cette charte de bonne conduite sans portée juridique, mais relevant plus de l’engagement moral, visait pourtant à mettre en œuvre immédiatement les propositions issues des travaux des premiers ateliers des EGA. Et non, rien n’a donc changé par rapport aux années précédentes. Les fournisseurs font toujours l’objet de menaces de déréférencement en cas de non-acceptation des prix fixés par certains distributeurs.

Triste constat de voir qu’il faudra bien en passer par une nouvelle loi et tout ce que cela suppose pour encadrer le déroulement de ces fameuses négociations commerciales, sachant qu’aucune loi ne peut encadrer certains comportements.

Le ministère de l’Agriculture l’a bien confirmé mercredi 20 décembre au matin : la loi est quasi prête. Outre un relèvement du seuil de revente à perte, que certains demandent entre 10 à 15 %, ce texte prévoirait aussi d’encadrer les promotions. Mais rien n’est encore gagné, tant sur ce que contiendra effectivement cette loi, que sur son application rapide. Et pendant ce temps-là, aïe, aïe, aïe ! c’est encore un an de perdu pour certains fournisseurs qui ne rentrent pas dans leur frais, sans même parler des agriculteurs.

Perrine Delfortrie