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Mercredi 09 octobre 2019

Année record pour la foodtech en Israël


À la pointe de l’innovation, les start-up de la foodtech israélienne ont enregistré une année 2019 de tous les records, grâce à un soutien fort des investisseurs publics et privés.


Déjà connu pour ses start-up innovantes, Israël est également très bien positionné depuis quelques années dans la foodtech, secteur où les investisseurs affluent. Le 24 septembre, l’organisation non gouvernementale Start-up Nation Central a rendu public un rapport sur la foodtech dans le pays. Preuve de l’engouement pour le secteur, ces start-up ont déjà levé plus de 115 M$ (105,2 M€) depuis le début de l’année 2019, soit plus que pendant toute l’année 2018. Et tout porte à croire que ce chiffre était dépassé dès la publication du rapport, de nouveaux investissements étant déjà annoncés. L’annonce a coïncidé avec le lancement de l’AgriFood Week à Tel Aviv. Rendez-vous incontournable pour les acteurs du secteur comme pour les investisseurs, l’événement a aussi battu son record de fréquentation avec plus de 1 200 participants venus de 44 pays.

Le secteur connaît un développement exponentiel dans le pays. Israël compte plus de 350 start-up de la foodtech, dont le tiers a été créé ces trois dernières années. À l’aide de la technologie, ces jeunes entreprises cherchent à répondre aux défis démographique et climatique mondiaux, face à des ressources plus rares et plus chères. Malgré un marché intérieur réduit, les start-up du pays ont su se faire une place au niveau mondial. Israël est notamment l’un des pays en pointe dans le secteur de la viande in vitro, avec 5 des 9 entreprises au monde basées sur le territoire, dont Aleph Farms qui a levé 11,65 M$ (10,65 M€) en mai dernier. Les deux incubateurs principaux sont Trendlines pour l’agritech et The Kitchen pour la foodtech. Propriété du géant israélien de l’agroalimentaire Strauss Group, il est l’un des fers de lance du secteur.

Un secteur soutenu par l’État

Les investisseurs intéressés par le secteur ne sont pas seulement israéliens. Des industriels étrangers investissent aussi dans le pays, à l’image notamment de Bayer, PepsiCo et Unigrains en mai dernier, par l’intermédiaire du fond américain de capital-risque Finistere (Agra Alimentation du 29 mai 2019). Les partenariats entre les multinationales et la foodtech israélienne sont d’ailleurs en augmentation, avec 40 collaborations, hors financements, recensées depuis 2014.

Cependant, comme le relève Start-up Nation Central, « malgré des investissements en hausse, les investisseurs dédiés restent peu nombreux ». La majorité d’entre eux n’investit que dans une seule start-up, sans nécessairement privilégier la foodtech. Le prochain défi pour le secteur sera de fidéliser les investisseurs et d’attirer davantage d’investissements étrangers. Pour cela, la foodtech israélienne peut compter sur le soutien de l’État. Dans son classement 2019, le magazine CEOWorld classait Israël en quatrième position des pays les plus accueillants pour les start-up. En dix ans, l’État a octroyé plus d’une trentaine de bourses pour des start-up agroalimentaires. Et ce n’est que le début. Le gouvernement a récemment appuyé l’implantation d’un centre de la foodtech à Kiryat Shemona, dans le nord du pays, avec un investissement public d’un montant de plus de 100 M ILS (26,3 M€) sur huit ans. Start-up Nation Central le reconnaît, « dans un secteur comme l’agrifoodtech, où les périodes de développement sont longues, les investissements sont longs et risqués pour les investisseurs privés. L’argent public rassure les investisseurs. »

Soos Technology reçoit le prix EIT Food Innovation

C’est la start-up israélienne Soos Technology qui a reçu l’EIT Food Innovation Prize lors du lancement de l’AgriFood Week à Tel Aviv le 23 septembre. Fondée en 2017 par Nashat Haj Mohamad, elle a mis au point un procédé pour modifier le sexe des œufs des poules pondeuses. En influant sur les paramètres environnementaux, la start-up réussit à produire des femelles plutôt que des mâles. Cela permettrait de résoudre les préoccupations éthiques, environnementales et économiques de l’industrie de l’œuf. Soos Technology a été créée dans l’incubateur Takwin, à Haïfa, dans le nord du pays.

Irina Lafitte