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Mercredi 18 avril 2018 | grande consommation

AT Kearney prévoit des fusions acquisitions plus nombreuses en 2018


Distributeurs et industriels vont être plus nombreux qu’en 2017 à fusionner ou absorber leurs concurrents, ou à grossir dans de nouveaux métiers connexes à leur spécialité, notamment grâce à des liquidités abondantes. Mais le mariage entre acteurs de vieille économie et entrepreneurs innovants sera un défi.


Les industriels de l’agroalimentaire et les distributeurs à l’échelle mondiale vont multiplier les fusions-acquisitions cette année, si l’on en croit le dernier rapport du cabinet de conseil en stratégie AT Kearney dévoilé le 16 avril. « Nous anticipons en 2018 le retour à l’offensive de ces grands acteurs historiques (de la grande consommation, NDLR), notamment via des acquisitions dans des catégories adjacentes afin de compléter leur cœur de métier », affirme Pascal Armoudom, associé chez AT Kearney et spécialiste distribution/consommation.

Pour étayer son affirmation, les experts du cabinet américain estiment que les scrutins importants, source d’attentisme, sont désormais passés, que le Brexit est désormais mieux intégré par les entreprises, et surtout que « les sociétés de private equity comme les producteurs de biens de grande consommation disposent de réserves de liquidités records » prêts à être utilisées. « Les acteurs historiques de la grande consommation semblent plus que jamais décidés à utiliser cet outil pour accélérer leur transformation digitale et leur croissance, et faire face aux nouveaux entrants qui capturent leurs parts de marché », explique AT Kearney.

Des cadres dirigeants plus favorables qu'en 2017

Dans la grande distribution, le cabinet relève que les trois quarts des entreprises interrogées déclarent utiliser les fusions-acquisitions pour « aider leurs entreprises à acquérir de nouvelles capacités, élargir leurs offres produits, accéder à de nouveaux clients ou encore accroître leur portée géographique » La perception des fusions-acquisitions a beaucoup changé de la part des cadres dirigeants en une année : « 71% considérant que les fusions-acquisitions sont un outil de création de valeur efficace, contre 48% l’année précédente. »

Toutefois, si les fusions-acquisitions visent à combattre les disruptions qui menacent les entreprises, « l’un des enjeux majeurs pour les directions générales des acteurs traditionnels sera de parvenir à faire cohabiter et intégrer des mondes très différents les uns des autres, aux rythmes de croissance, aux business models, aux cultures et aux process très diversʺ, note Jérôme Souied, associé chez AT Kearney en charge du département private equity/fusions-acquisition pour la zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique). 

Un avis partagé par Pascal Armoudom, qui prévient : « Dans cet affrontement entre acteurs traditionnels et nouveaux entrants, les gagnants seront ceux qui sauront développer une compréhension fine des nouveaux modes de consommation, adopter une vision holistique de leur industrie, et qui veilleront à inscrire l’innovation permanente au cœur de leur stratégie ». 

Cyril Bonnel



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