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Mercredi 09 janvier 2019 | nutrition

AUT : la classification Nova accroît la cacophonie alimentaire, selon le FFAS


Le FFAS déplore le manque de rigueur de la classification brésilienne Nova qui répertorie les aliments en fonction de leur degré de transformation. Cette prise de parole intervient dans un contexte de médiatisation accrue des aliments ultra-transformés.


Le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) n’a pas tardé à réagir à la publication et à la diffusion de plusieurs sujets consacrés aux aliments ultra-transformés (AUT) dans les médias grand public. Le 17 décembre, le président de son conseil d’administration, Bernard Guy-Grand, a ainsi diffusé ses « réflexions sur la classification des aliments selon leur degré de transformation (classification Nova) ». Selon lui, cette classification mise au point au Brésil « manque de robustesse, de rigueur, de précision et de cohérence ». Elle ne prend pas en compte la composition nutritionnelle des aliments et les apports énergétiques, et s’oppose aux démarches du type Nutri-Score. Pire, selon le Pr Guy-Grand, ses fondements sont discutables puisqu’il n’existe pas de preuves que les AUT ont des effets délétères sur la santé, mais seulement « quelques pistes méritant des études complémentaires. » La diffusion de cette classification auprès du grand public accroît la cacophonie alimentaire, estime le FFAS. Ce dernier souhaite toutefois mettre en place une réflexion multidisciplinaire pour tenter d’établir scientiquement l’intérêt du concept d’aliments transformés. 

Pression médiatique sur les AUT

Cette prise de parole intervient alors que les AUT font régulièrement les gros titres. L’Obs promettait dans son édition du 13 décembre « la vérité sur les aliments bidon » que sont les aliments "dénaturés, trafiqués, ultra-transformés". Le magazine mettait en cause douze produits de marques nationales parmi lesquelles Labeyrie, Yoplait, Sojasun, Herta, Gerblé ou Fauchon. Grand bien vous fasse sur France Inter, s’interrogeait le 10 décembre sur la dangerosité des AUT sur la santé, tandis qu’Enquête de santé, le 11 décembre sur France 5, se demandait si les AUT allaient nous rendre malades.

Richard Girardot, le président de l’Ania, s’est ému sur son blog de cette conjonction de sujets traitants des AUT, déplorant qu'on accuse une industrie qui perd des marges depuis dix ans à cause de la guerre des prix entre distributeurs. Depuis ces derniers mois, l’application ScanUp permettant de connaître le degré de transformation des produits de grande consommation (basée sur la classification Nova) fait son chemin en France (Agra Alimentation du 20 décembre 2018), même si elle reste encore confidentielle par rapport aux plusieurs millions d’utilisateurs de Yuka.

Cyril Bonnel