Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 21 juin 2017

Avis de tempête


À quelques jours d’intervalle, des deux côtés de l’Atlantique, deux événements ont marqué les professionnels. D’abord, le 16 juin, « l’ogre » Amazon avale Whole Foods, et son modèle original de supermarché aux produits qualitatifs et biologiques. Et le 22 juin, en région parisienne, Costco ouvre son premier hypermarché-entrepôt en France, et y introduit son concept de magasin discount dont l’accès est réservé à des abonnés payants.

Quoi de commun entre ses deux événements ? Tous deux risquent bien de bouleverser profondément les positions acquises. Les distributeurs, déjà secoués par l’émergence de la livraison à domicile des denrées alimentaires et confrontés à la désaffection des très grandes surfaces, ont sûrement quelques motifs d’inquiétude. Certes, ils développent de nouveaux concepts, misent sur le service et la proximité, mais auront-ils les moyens de résister à la puissance d’un nouveau venu capable de débourser près de 14 milliards de dollars pour s’offrir un réseau de magasins physiques établis aux États-Unis, au Canada et au Royaume Uni ?

Quant à Costco, devenu le deuxième distributeur dans le monde avec un modèle économique déjà bien rodé dans 11 pays, on ignore encore comment il va être accueilli en France. Pour l’instant, les consommateurs ne se bousculent pas pour prendre leur carte.

Enfin, les industriels peuvent légitimement s’interroger. Comment Costco va-t-il se comporter avec ses fournisseurs ? S’agira-t-il d’une centrale d’achat de plus, alignant son comportement sur celui des autres acteurs déjà établis ? Ou bien son arrivée marquera-t-elle le début d’un changement dans les relations distributeurs-industriels si tendues ? Grandes surfaces comme fournisseurs peuvent toujours se rassurer en estimant avoir le temps, sauf si les événements venaient à se précipiter.

Cyril BONNEL