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Mercredi 02 mai 2018 | bourse

Baisse des valeurs agroalimentaires au premier trimestre


À l’instar de la tendance générale sur les places boursières, l’indice IAA80, créé par Unigrains et composé des 80 valeurs du secteur agroalimentaire européen a baissé de 4,9 % au premier trimestre 2018. À noter que le sous-indice des valeurs françaises résiste beaucoup mieux que les valeurs européennes du secteur.


Après une année 2017 placée sous de bons auspices pour les valeurs de l’agroalimentaire, 2018 a démarré de manière plus poussive. Le dernier bilan trimestriel de l’indice IAA 80, créé par Unigrains et regroupant les 80 valeurs du secteur européen affiche en effet une baisse de 4,9 % de janvier à mars 2018. Cette contre-performance s’inscrit dans un marché globalement baissier puisque le MSCI Europe cède 4,6 % sur le trimestre. Mais sur 10 ans les valeurs agroalimentaires surperforment le reste de la cote, avec un gain de 6,1 %, alors que le marché européen perd 1,2 % sur la même période. 

Sur ce premier trimestre, les petites valeurs européennes du secteur ont mieux tiré leur épingle du jeu que les grosses. Le Small 12, le sous-indice de l’IAA 80, qui compte les plus petites valeurs européennes de l’agroalimentaire ayant une capitalisation boursière (CB) inférieure à 2 millions d’euros, gagne en effet 2,1 % « soutenu par les belles progressions de Finsbury Food (+11,1 %) et The Scottish Salmon (+10,4 % après une baisse importante au trimestre précédent) », soulignent les experts d’Unigrains. À l’inverse, le Lead 11 (composé des valeurs dont la CB est supérieure ou égale à 10 Mrd€) souffre avec un repli de « 5,4 %, freiné par Nestlé (-10,1 %), Kerry (-11,6 %) et ABF (-9,2 %) », notent encore ces derniers. Toutefois la tendance s’inverse sur 12 mois, puisque se sont les plus grosses capitalisations qui restent en tête avec un gain de 5,6 %, devant le Small 12 (+2,8 %).

Au sein des pays européens, les valeurs françaises de l’agroalimentaire résistent mieux. Ainsi, le FR14 (14 valeurs françaises du secteur), un des sous-indices de l’IAA80, ne perd que 0,7 % sur le trimestre écoulé, alors que le marché européen cède 4,6 %. Une évolution du FR14 qui tient notamment compte des contre-performances de Marie Brizard (-29,9 %) affecté par les révisions en baisse des prévisions annuelles et le départ de son directeur général et de Bonduelle (-19,4 %), qui a fait l’objet de prises de bénéfices après une bonne performance au cours du trimestre précédent. Par contre, l’évolution positive de Laurent Perrier (+14,8 %) et de LDC (+11,3 %) ont tiré la cote. À noter que sur l’année écoulée, le FR14 surperformance encore le reste de la cote avec un gain de 12,5 % (contre +1,6 % pour l’indice parisien), grâce à l’excellente tenue de LDC (+36,5 %), Laurent Perrier (+36,4 %), et Eurogerm (+28,5 %).

Au final et sans surprise après ce trimestre globalement baissier, les valorisations baissent aussi, avec un multiple d’Ebitda * de l’IAA80 de 13,8 x (contre 14,5 x au quatrième trimestre 2017), soit une valorisation supérieure à la moyenne des indices vedettes Euronext 100, FTSE 100 et SMI qui est en légère baisse à 10,2x l’Ebitda.

 

*Multiple d’Ebitda = VE/Ebitda (VE (valeur d’entreprise) = capitalisation boursière + dette financière nette + intérêts minoritaires)

 

Perrine Delfortrie



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