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Jeudi 22 juillet 2010 | spiritueux/cession

Belvédère devrait céder Marie Brizard à Cofepp


La cession de Marie Brizard (à l’exception de Moncigale, activité vins du groupe) devrait enfin se faire. Belvèdère pense signer avec Cofepp (Compagnie financière européenne de prises de participation), maison mère de La Martiniquaise, avant la fin du mois de juillet.


Belvédère a annoncé le 9 juillet être entré en négociation exclusive le 1er juillet avec Cofepp, la maison mère de la Martiniquaise, pour la cession du groupe Marie Brizard. Celle-ci entre dans le cadre du plan de sauvegarde du groupe, initié en juillet 2008 et homologué en novembre 2009, pour restructurer sa dette, alors évaluée à 580 millions d’euros. « Si le protocole de cession va à son terme, ce qui est l’hypothèse la plus probable, le protocole d’acquisition pourrait être signé par les parties avant la fin du mois de juillet 2010 », indique un communiqué du groupe qui précise également que le comité d’entreprise a été informé du projet le 8 juillet.
Le groupe Marie Brizard, outre la vodka éponyme, comprend les marques William Peel et Glen Roger’s (whiskies), les cocktails William Pitterson, la liqueur Litchao, la Tequila San José ou la vodka Sobieski. Moncigale (ex-Chais Beaucairois), l’activité vins de Marie Brizard, n’entre pas dans le périmètre cession. Hors Moncigale, Marie Brizard a réalisé un chiffre d’affaires de 135,9 millions d’euros en 2009, en très léger retrait et dégagé un résultat opérationnel courant de 18,4 millions d’euros, soit 5 millions d’euros de plus qu’en 2008 (résultat net : 7,1 millions d’euros d’euros).

Marie Brizard : une mauvaise affaire pour Belvédère

Alors que le revenu net dégagé par la cession de Marie Brizard était évalué à 235 millions d’euros fin 2009, Belvédère négocierait la cession au groupe Cofepp pour 185 millions d’euros selon le quotidien La Tribune. Un chiffre non confirmé par Belvédère, mais qui est bien inférieur aux 375 millions d’euros de dette (obligations à taux variable) contractée lors du rachat de Marie Brizard (1). C’est d’ailleurs l’exigence de remboursement anticipé de cette dette qui avait conduit au placement en procédure de sauvegarde.

Le groupe fait face à de nombreuses difficultés

La cession de Marie Brizard, initialement prévue pour le 30 juin, intervient alors que Belvédère est en difficulté. En 2009, le chiffre d’affaires (hors Marie Brizard et activités de distribution en Pologne) a reculé de 27,6 %, à 619 millions d’euros, le résultat opérationnel est passé dans le rouge, à – 34,5 millions d’euros (contre + 6,6 millions d’euros en 2008), et le groupe a enregistré une perte nette record : 178 millions d’euros contre 61 millions d’euros en 2008. Le chiffre d’affaires a encore reculé au premier trimestre 2010. Et c’est grâce à l’impact positif des effets de change que la baisse n’a atteint que 1,7 % (CA net : 79,4 millions d’euros). Outre ces mauvaises performances économiques, les fonds d’investissements britanniques Maple Leaf et Astin Capital ont fait saisir à titre conservatoire des actifs de Jacques Rouvroy et p.-d.g. de Belvedère et Krysztof Trylinski, directeur général représentant directement ou indirectement plus de 15,5 % du capital et que l’AMF a été sollicitée par l’association pour la défense des petits actionnaires pour enquêter sur les relations entre le groupe et l’acteur américain Bruce Willis et Belvédère.

(1) Ces 375 millions correspondent au remboursement du prêt relais de 170 millions d’euros, contracté dans le cadre de l’acquisition de Marie Brizard, au refinancement de 70,7 millions d’euros de dettes de Belvédère en Pologne, en Bulgarie et en Lituanie ainsi qu’au remboursement de la dette moyen terme de 92,7 millions d’euros contractée par Marie Brizard lors de l’acquisition de William Pitters International.
MD