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Jeudi 09 mai 2019

Bienvenue à la ferme, nouvelle enseigne alimentaire


Les chambres d’agriculture lancent leur propre réseau de magasins de produits agricoles et agroalimentaires afin de répondre à la demande sociétale pour les produits en circuit court et de saison. Les nouvelles enseignes pourront être ouvertes par tous, agriculteurs ou non.


Comment répondre à l’attente des consommateurs pour les produits alimentaires en circuit court et de saison ? Comment améliorer les revenus des agriculteurs en réduisant les intermédiaires entre le producteur et le consommateur ? Comment enfin répondre aux sollicitations dont sont l’objet les agriculteurs pour commercialiser au mieux leur production ? À ces multiples questions, le réseau Bienvenue à la ferme estime avoir trouvé la réponse. « Nous lançons notre propre enseigne de commerce alimentaire sous la forme d’un réseau de commerçants indépendants, avec un premier magasin qui vient d’ouvrir le 3 mai à Lantic, dans les Côtes-d’Armor », explique Jean-Marie Lenfant, porte-parole de la marque Bienvenue à la ferme, propriété des chambres d’agriculture. Un deuxième magasin est prévu en juin dans l’Eure. Ces premiers points de vente vont faire office de test, avant un déploiement à plus grande échelle, sous forme de créations pures ou de conversions de magasins de producteurs déjà existants.

Un nouveau concept de magasin de producteur

Pour pouvoir accrocher l’enseigne Bienvenue à la ferme, le commerçant, qui n’est pas obligatoirement un agriculteur, doit répondre à un cahier des charges précis : uniquement des fruits et légumes de saison, 80 % des produits frais en circuits courts, des produits d’épiceries issus de circuits courts ou d’artisans, une priorité donnée aux produits locaux et au moins 50 % des références issues du réseau d’agriculteurs Bienvenue à le ferme. Une souplesse est donc donnée au commerçant pour compléter son approvisionnement en dehors du réseau Bienvenue à la ferme. Il est aussi libre du lieu d’installation de son magasin et de sa taille. Toutefois, le réseau se réserve le droit de valider le plan d’affaire du candidat pour prévenir les projets sans perspective commerciale.

Pour ce qui est du financement des installations, cela relève entièrement du commerçant indépendant. Avec, selon les cas, des financements possibles de la part des collectivités locales souhaitant promouvoir le commerce alimentaire en circuit court. Si aucune redevance ou droit d’entrée n’est exigé aujourd’hui pour intégrer le réseau, Jean-Marie Lenfant estime qu’à terme il faudra envisager « une participation des commerçants aux frais de publicité et de fonctionnement de la structure chargée d’animer le réseau ». Pour cela, une SAS dont les commerçants détiendront des parts est actuellement en cours de constitution. « Elle devrait être dotée d’un directeur général d’ici trois ou quatre mois », prévoit Jean-Marie Lenfant. Se posera ensuite la question des moyens financiers nécessaires au déploiement du réseau, qui nécessitera une levée de fonds. Celle-ci pourrait se faire auprès de structures spécialisées dans l’économie sociale et solidaire.

Cyril Bonnel



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