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Mercredi 30 janvier 2019 | consommation

Bio : un risque de perte de confiance du consommateur


L’Agence bio a appelé le 22 janvier à « être vigilant » par rapport au risque de perte de confiance à l’égard des produits biologiques. Un « bas bruit » existe chez le consommateur pour qui « si le marché du bio se développe, c’est forcément moins bien », a déclaré le directeur Florent Guhl, aux 2e Rencontres des grandes cultures bio : « Le modèle est-il crédible si même les grandes cultures s’y mettent ? », entend-on d’après lui. Raison pour laquelle l’Agence bio conseille de « jouer encore plus la transparence ». Son objectif pour le 20e anniversaire du Printemps bio en 2019 est d’inciter davantage les transformateurs, voire les importateurs, à « montrer la réalité des filières », a-t-il indiqué. Florent Guhl invite les professionnels à communiquer dans les médias, sur les réseaux sociaux : « Intervenez, même dans les reportages à charge ». L’agriculteur Emmanuel Leveugle, responsable professionnel à Terres Univia et ambassadeur #agridemain, s’est montré partant. Des consommateurs se posent la question : « Les contrôles dans le bio sont-ils toujours aussi rigoureux ? », d’après lui. « La réponse est oui, il faut le montrer ! »

La filière des grandes cultures bio affiche quelque 400 000 ha cultivés en 2017, soit 3,3 % des surfaces, pour une collecte de 481 000 t de grains (+55 % sur un an). Son plan de transformation, dans le cadre des États généraux de l’Alimentation, vise un doublement des surfaces d’ici à 2022 pour atteindre l’autosuffisance en blé meunier notamment.

« Le consommateur souhaite que 100 % des produits bio soient d’origine française, dans un souci de cohérence avec une démarche de durabilité et de confiance envers les organismes de contrôle français », a témoigné Olivier Deseine, patron des Moulins de Brasseuil. Problème : entre un quart et un tiers des ressources en blé tendre bio proviennent de l’étranger, d’après lui. Cela représente 92 000 t en 2018-19, d’après les chiffres de FranceAgriMer. Un phénomène difficile à enrayer : la demande en bio croît plus vite que l’offre. Par ailleurs, les récoltes connaissent de grandes variations, vu leur sensibilité à la météo. D’où l’importance de « sécuriser les importations », par le biais d’analyses, d’audits, a-t-il expliqué.

JCD (Agra Presse)