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Mercredi 06 novembre 2019

Céréa Partenaire désormais contrôlé par ses managers


Unigrains a définitivement cédé sa filiale de gestion pour compte de tiers à ses managers soutenus par MACSF et SMA BTP. L’indépendance totale de Céréa Partenaire, qui devient Cerea Partners, renforce sa stratégie d’internationalisation.


Après l’annonce fin juillet d’un protocole d’accord en vue de céder le contrôle de Céréa Partenaire à ses managers, Unigrains a finalisé cette cession le 25 octobre pour un montant non divulgué par les parties prenantes. « Nous avons obtenu le feu vert de l’Autorité des marchés financiers et l’accord des souscripteurs de nos fonds qui ont tous répondu favorablement à notre projet », souligne Michel Chabanel, président de Céréa Partenaire, soulignant le caractère peu habituel d’un soutien d’une telle ampleur de la part des investisseurs. Neuf des principaux dirigeants de Céréa Partenaire contrôlent désormais 87 % du capital. Le solde est acquis par deux souscripteurs historiques : MACSF (8,7 %) et SMA BTP (4,3 %). Les équipes de la société de gestion ont structuré elles-mêmes ce LBO, ce qui est assez naturel en tant que spécialistes de ce type d’opération. Elle s’accompagne d’un financement bancaire mis en place par la Caisse d’épargne Ile-de-France, le Crédit agricole Ile-de-France et la Banque postale.

Si ce changement d’actionnaire ne modifie pas fondamentalement la stratégie de l’entreprise, son indépendance renforce sa dimension internationale. « En n’étant plus perçu comme une société de gestion captive d’Unigrains, nous facilitons l’investissement de certains souscripteurs, notamment anglo-saxons, qui pouvaient être réticents par le passé », explique Michel Chabanel. Ces derniers temps, Céréa Partenaire a multiplié les opérations sur les deux marchés étrangers prioritaires à court terme que sont l’Espagne et l’Italie. Le 24 octobre, la société annonçait deux opérations pour son fonds Céréa Dette II. Celui-ci accompagne le fonds espagnol MCH dans la reprise auprès de Carlyle du groupe Palacios (plats cuisinés, 200 M€ de chiffre d’affaires en 2018), leader sur son marché de l’omelette, du chorizo, des pizzas et des desserts surgelés. Le même fonds Céréa Dette II a aussi participé au financement de l’acquisition du groupe Gallo (pâtes et semoule, 150 M€ de chiffre d’affaires en 2018) par le fonds espagnol ProA Capital auprès de la famille Espona. Désormais indépendant, Céréa Partenaire pourrait aussi s’ouvrir à d’autres secteurs d’activité que l’agro-business, mais seulement à plus long terme.

Cap sur l’international

Céréa Dette II, qui a bouclé sa levée de fonds à 350 millions d’euros l’année dernière, a déjà investi la moitié de ce montant dans des opérations unitaires de 10 à 20 millions d’euros. « L’international pourrait représenter à terme environ 25 % du montant investi par Céréa Dette II », prévoit Michel Chabanel, même si les opérations se font avant tout en fonction des opportunités du marché. Deux opérations ont été déjà réalisées en Italie, et trois en Espagne en incluant Palacios et Gallo. Céréa Partenaire va encore renforcer son implantation en Europe du Sud en prévoyant de recruter une équipe spécialisée sur l’Italie à Paris ou en créant un bureau sur place. L’Espagne pourrait aussi accueillir un bureau sachant que Céréa Partenaire s’appuie actuellement sur un senior advisor sur place. Et, signe de son ouverture à l’international, Céréa Partenaire a décidé de modifier un peu son nom en se faisant désormais appeler Cerea Partners.

Les liens avec son ancienne maison-mère Unigrains ne sont pas pour autant rompus. Les deux entreprises restent proches : « Nous allons conserver nos relations étroites avec Unigrains notamment partager notre expertise mutuelle du marché et Unigrains devrait continuer à nous accompagner à l’avenir dans certaines opérations », prévoit Michel Chabanel.

Cyril Bonnel



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