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Mercredi 12 février 2020

Ce qui fait mal


Pris la main dans le sac. En effet, Carrefour a écopé d’une amende de près de 3 millions d’euros de la part de la DGCCRF, pour non-respect de la date butoir du 1er mars pour la signature des conventions annuelles avec un grand nombre de fournisseurs lors des négociations commerciales de 2019. Un non-respect des délais qui « est susceptible de renforcer le rapport de force en faveur du distributeur », souligne la DGCCRF. Carrefour n’est pas le seul à être sanctionné. Pour les mêmes raisons, mais dans une moindre mesure, Système U et Intermarché ont, eux aussi, reçu une amende d’un montant respectif de 1,14 et 0,21 million d’euros. Ces montants sont proportionnels au nombre et à l’importance des retards et au chiffre d’affaires prévisionnel. Carrefour a donc poussé le bouchon un peu plus loin que les autres.

Ce qui fait mal dans cette histoire ce n’est pas le montant des amendes. Le gouvernement avait prévenu qu'il veillerait au grain sur le respect de la loi. Ces distributeurs ont joué, ils ont perdu. Non, ce qui fait mal, c’est l’image que ces mêmes distributeurs se donnent auprès des consommateurs. Carrefour notamment ne lésine pas sur les moyens publicitaires pour expliquer tout ce qu’il fait pour que les consommateurs mangent plus sain, plus durable, plus bio, plus traçable… Tout en mieux, mais à quel prix ! Ce qu’il ne dit pas, c’est qu'il réalise en partie ses effort ses efforts sur le dos de ses fournisseurs. Typiquement, dans ce cas, comment imaginer que des fournisseurs pressurés par les distributeurs, ne pressurent pas à leur tour les éleveurs et les agriculteurs ? Avec ou sans Egalim, difficile de faire changer les choses.

Perrine Delfortrie



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