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Mercredi 20 mars 2019

Cercle vicieux


Les semaines passent, les années passent, les lois passent et rien ne change ou si peu dans le comportement des distributeurs lors des négociations commerciales. Certes, il y a des avancées, à l'image de ce qui se passe dans la filière lait entre éleveurs, groupes laitiers et distributeurs, ou avec certaines enseignes attachées à la signature de contrats tripartites. Mais, globalement, les relations restent encore largement gouvernées par des demandes de prix bas, laissant peu de place à tout autre élément de négociation, si tant est qu'on puisse encore leur donner ce nom-là. Un rapport de force largement déséquilibré dans les box qui ne date pas d'hier et, comme chacun ne cesse de le rappeler, ne permet pas une juste rémunération tout au long de la chaine.

Contrairement au souhait du gouvernement après l'application de la Loi Egalim, un meilleur partage de la valeur n'a donc pas eu lieu cette année. Mais alors quand ?  La puissance des centrales d'achat dans la grande distribution est telle aujourd'hui qu'il paraît impossible de les faire plier. Comme le déplore le député LREM Grégory Bessons-Moreau, à l’origine du rapport sur l’affaire Lactalis, « le problème c’est qu’ils (les distributeurs, ndlr) ont toujours un coup d’avance ».

La création d’une commission d’enquête sur « la situation et les pratiques de la grande distribution et de leurs groupements dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs » votée par les députés de la commission des affaires économiques le 19 mars au soir, va dans le bon sens. Toute la question est de savoir si cette proposition de résolution, portée par la majorité associée à l’UDI et au Modem et qui doit encore être adoptée en séance publique le 26 mars, permettra de stopper « ce cercle vicieux et avoir un meilleur contrôle de la grande distribution et des centrales d’achat » comme l'espère le député. Croisons les doigts.

 

Perrine Delfortrie



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