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Mercredi 17 avril 2019

Champagne : le SGV s’inquiète d’une croissance de la valeur sans les volumes


Lors de l’assemblée générale du syndicat général des vignerons de Champagne (SGV), son président a plaidé pour une stratégie de relance des ventes de champagne en volume.


Lors de l’assemblée générale du syndicat général des vignerons de Champagne (SGV), son président a plaidé pour une stratégie de relance des ventes de champagne en volume.

Pour la première fois depuis des années dans une appellation viticole, le SGV a sonné l’alarme sur le risque que représenterait, à terme, une croissance de la valeur sans les volumes. Depuis dix ans, le vignoble voit ses ventes s’éroder, ainsi que ses parts de marché. « Certains me diront que tout va bien », parce que le champagne a maintenu son chiffre d’affaires et qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir. « Je ne suis pas d’accord », a souligné Maxime Toubart. « Je suis convaincu que la seule augmentation de la valeur n’est pas viable à long terme. Il faut aussi des volumes. Le champagne ne peut pas prendre le risque de devenir anecdotique alors que d’autres effervescents (crémants, prosecco, cava) se développent. Or, pour l’instant, le champagne plafonne », a-t-il détaillé en marge de l’assemblée générale. Les seuls gagnants dans la situation actuelle sont les négociants : ils parviennent à élever la valeur de la bouteille et à augmenter les volumes vendus, en achetant toujours plus de raisin aux viticulteurs, incités à vendre la matière première par le prix élevé des grappes.

Le champagne n’est pas assez présent à l’export

Le vignoble champenois pourrait porter les volumes produits annuellement, de 300-310 millions de bouteilles actuellement, à 340-350 millions, montant qui représente le potentiel de production. « Nous ne sommes présents que sur les marchés matures, comme les marchés anglais, américains, allemands, mais peu en Chine, en Afrique ou au Mexique. » Le champagne doit, certes, être un produit accompagnant les moments exceptionnels, mais son prix doit rester accessible à des personnes à revenus modestes qui veulent fêter un événement, a-t-il ajouté.

L’assemblée générale a été l’occasion pour le SGV de présenter sa campagne de communication, qui présente des situations ordinaires où le champagne peut être consommé. Des images ont montré une coupe de champagne à côté d’un œuf dur ou d’une boîte de sardine ou d’un panier de pique-nique, avec comme légende : « Il accompagne tout, même les petits riens. » Un œnologue est intervenu pour prévenir : « Vous pouvez bousculer les codes, mais pas les piétiner. » Cette campagne fait l’objet d’un débat. « Elle a parfois été critiquée, mais elle a apporté les preuves de son efficacité, nous devons donner des outils aux vignerons pour commercialiser autrement pour se réinventer », a conclu Maxime Toubart.

gmentation de la valeur n’est pas viable à long terme »

MN (Agra Presse)



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