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Mercredi 20 décembre 2017 | bilan

Coopératives : plus de consolidations, mais la rentabilité reste faible


En 2017, les consolidations dans le domaine coopératif devraient concerner 80 opérations et plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, un montant deux fois plus important qu’en 2016. En dépit de fusions ou d’acquisitions de plus en plus nombreuses, les entreprises coopératives restent moins rentables que dans les autres secteurs mais peuvent s’appuyer sur une solidité financière bien réelle. La création de valeur, telle que défendue par les coopératives à l’occasion des États généraux de l’alimentation, est la voie privilégiée par Coop de France.


L’année 2017 devrait se conclure sur un montant record de 2,057 milliards d’euros de chiffre d’affaires concerné par les consolidations dans le domaine de la coopération agricole, selon les données diffusées par Coop de France à l’occasion de son bilan annuel de la coopération agricole dressé le 14 décembre à Paris. Une fois déduit le volume de chiffre d’affaires cédé, le solde positif ressort à 1,873 milliard d’euros. Soit bien plus qu’en 2016 dont le solde était de 1,015 milliard d’euros.

L’année 2017 a en effet été marquée par des opérations de grande envergure telles que l’acquisition de Jardiland (750 millions d’euros de chiffre d’affaires) par InVivo Retail et de Baarsama Wine (210 millions d’euros) par InVivo Wine, la reprise du pôle charcutier de la Financière Turenne Lafayette (480 millions d’euros) par la Cooperl ou encore l’acquisition de Dufour Sisteron, Ovimpex et Ovimpex Distribution (328 millions d’euros les trois) par Arterris et l’Agneau du soleil. Le nombre d’opérations de consolidation est en revanche stable ces dernières années, autour de 80, dont 31 en 2017 en ce qui concerne les mouvements entre coopératives.

Des résultats sous l’influence de l’influenza aviaire et des récoltes céréalières

En 2016, les coopératives ont réalisé des performances en recul par rapport à 2015. Le chiffre d’affaires baisse de 1,18 % à 85,947 milliards d’euros et le résultat net recule de -7,09 % à 904 millions d’euros (10,5 % du chiffre d’affaires). Des grandes coopératives ont souffert de la crise du canard gras et de la volaille et des mauvaises récoltes céréalières. Maïsadour a vu ainsi ses ventes baisser de 8,8 % et Euralis de 2 %. « La rentabilité brute (EBE/CA) des entreprises coopératives à 3,57 % reste faible par rapport à d’autres secteurs industriels ou tertiaires », note Coop de France. Avec des écarts notables d’une activité à une autre : seul le vin affiche une rentabilité brute de 5,35 % supérieure à la moyenne, tandis qu’à l’inverse le bétail et la viande affichent 1,72 %. À titre de comparaison, la rentabilité brute des industries agroalimentaires (hors artisanat commercial) est de 7,5 %, l’automobile est à 4 % mais les communications sont à 20,2 %.

Toutefois, la solidité financière des entreprises semble assurée. En 2016, elles détenaient 21 milliards d’euros de capitaux propres et présentaient un ratio d’autonomie financière (capitaux propres/bilan) de 35 %.

Des négociations commerciales déjà compliquées

« Ce résultat confirme que le défi de la création de valeur reste primordial. Il ne pourra cependant conduire à l’amélioration du revenu des agriculteurs qu’à la condition d’être véritablement pris en compte par nos clients comme l’ont mis en évidence les États généraux de l’alimentation », a estimé Pascal Viné, directeur général de Coop de France. Alors qu’une charte de bonne conduite a été signée en novembre entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, à laquelle Coop de France adhère, Pascal Viné s’est inquiété du démarrage des négociations commerciales. « Le souffle des EGA n’a pas été durable. La situation est très tendue, et la charte n’a que très peu d’impact sur les comportements des acheteurs de la grande distribution », a-t-il souligné, ajoutant qu’il avait signalé cet état de fait lors d’une rencontre le 13 décembre à Bercy avec Delphine Gény-Stephann, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie. « D’après les retours que nous avons de nos adhérents, les premières demandes des distributeurs portent sur des baisses de prix, comme l’année passée », s’est inquiété le président de Coop de France Michel Prugue. « Nous avons dit aux pouvoirs publics qu’il fallait un nouveau cadre pour la relation clients-fournisseurs », a insisté le président. Les États généraux seront d’ailleurs au menu du congrès de Coop de France le 20 décembre, tandis que la journée de clôture des EGA est prévue le lendemain.

Les coopératives laitières fusionnent avec Coop de France

Dominique Chargé, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), a annoncé le 14 décembre la décision de sa fédération de fusionner avec Coop de France sous le nom de Coop de France Métiers du lait. « Le projet de fusion sera présenté à l’occasion de la tenue d’une assemblée générale extraordinaire de la FNCL prévue le 21 décembre », a précisé Dominique Chargé. Cette fusion s’explique par le contexte de la fin des quotas qui a obligé les organisations professionnelles à s’adapter et par la nécessité d’apporter une réponse pertinente aux attentes sociétales, selon Dominique Chargé. Cette fusion permettra en outre de « renforcer le mouvement coopératif », selon le président, qui a précisé qu’elle était le fruit d’une réflexion en cours à la FNCL depuis 5 ou 6 ans.

Cyril Bonnel



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