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Mercredi 05 décembre 2018 | étude

Défaillances : les entreprises agroalimentaires décrochent au troisième trimestre


Pour la première fois depuis deux ans, les défaillances d’entreprises tous secteurs ont augmenté de 2,3 % au troisième trimestre 2018 par rapport à la même période de 2017, selon la Coface. Et dans l’agroalimentaire, on constate même un bond de 5,7 % sur cette période des défaillances. Une tendance qui devrait globalement se poursuivre en 2019, selon l’assureur-crédit


Les défaillances d’entreprises tous secteurs confondus en France ont augmenté de 2,3 % au 3e trimestre 2018 (comparé au 3e trimestre 2017) et ce "après huit trimestres consécutifs de recul", a annoncé la Coface dans sa dernière étude sur les défaillances, publiée le 28 novembre. Une inversion de tendance "en ligne avec le ralentissement de la croissance à 1,6 % en 2018, note l’assureur-crédit qui "a affecté jusqu’à présent les très petites entreprises (moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires) et a concerné la majorité des régions.

À noter néanmoins qu’à fin septembre 2018, le nombre d’entreprises ayant fait faillite atteint 52 410, soit 4,5 % de moins qu’un an auparavant. Et dans le même temps, les créations d’entreprises sont restées très dynamiques (+11,4 % sur un an en septembre 2018) à 380 788 unités (hors autoentrepreneurs).

Dans l’agroalimentaire, le nombre annuel des défaillances est stable sur un an à fin septembre, mais fait un bond de 5,7 % au troisième trimestre, sous le coup des difficultés dans plusieurs segments à savoir l’agriculture (tirée par la culture de céréales), la viande (boucherie) et l’industrie agroalimentaire (boulangerie et pâtisserie, commerce de détail alimentaire)", selon les économistes de la Coface. Des segments globalement affectés par l’atonie de la consommation, mais qui sont également "pénalisés par le changement structurel de mode de distribution induit, notamment, par le commerce en ligne", est-il encore indiqué dans l’étude.

L’agroalimentaire est le secteur qui a payé le plus lourd tribut en 2018, avec un coût annuel des défaillances en progression de 29,7 %. "En 2018, deux des cinq défaillances les plus importantes ont concerné le secteur de la viande : la société Doux (316,1 millions d'euros de CA) et la coopérative UKL-Arrée (216,5 millions d'euros)".

Cette inversion de tendance, tous secteurs observés au troisième trimestre 2018, fait dire à la Coface que les défaillances d’entreprises devraient augmenter en 2019. Ainsi, selon son modèle de prévisions, "les défaillances d’entreprises reculeront de 3,4 % sur l’ensemble de l’année 2018, en ligne avec nos prévisions de mars dernier*, avant d’augmenter de 0,8 % en 2019 pour s’élever à 52 838 défaillances".

Perte de vitesse à l’export

La Coface qui s’est par ailleurs penchée sur les performances de la France à l’export, relève qu’elles divergent des autres principales économies de la zone euro. En effet, "depuis 2014, l’Espagne (+1,9 %), l’Italie (+0,8 %) et l’Allemagne (+0,3 %) ont vu leur performance à l’exportation progresser alors que celle de la France a reculé (-0,4 %). Pourtant, selon l’OCDE, la compétitivité-coût s’y est nettement moins améliorée (+2,2 % en Espagne, +0,9 % en Italie), voire a diminué (-0,3 % en Allemagne)", relèvent ainsi les économistes. Les entreprises françaises à la différence de leurs homologues européens  "n’ont répercuté que partiellement les gains de compétitivité-coût sur leurs prix à l’export", préférant "rétablir leur taux de marge plutôt que de gagner des parts de marché à l’export".

Si l’industrie des boissons alcoolisées, "l’une des principales sources d’excédent commercial pour la France, a enregistré une forte hausse de ses exportations de champagne et de spiritueux", note la Coface, il n’en va pas de même pour l’agroalimentaire qui comme d’autres secteurs clés à l’exportation (l’automobile, l’aéronautique, la pharmacie) a enregistré une dégradation de son solde commercial entre 2014 et 2016. Par ailleurs, "le déficit commercial de l’industrie agroalimentaire s’est creusé, en raison de la hausse des importations (+10 %), principalement pour le commerce de gros de fruits et légumes", selon l’étude.

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Perrine Delfortrie



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