Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 16 janvier 2019 | restauration

David Lascar : « Le regroupement de la Croissanterie et de Rush crée l’un des premiers groupes de RHD en France »


A la veille des fêtes de fin d’année, CM CIC et GIMV, les actionnaires de la Croissanterie ont annoncé une acquisition stratégique : celle du groupe Rush, plus connu à travers ses enseignes Pradier et Roberta, deux marques de snacking particulièrement innovantes. David Lascar, qui a développé ces deux marques ainsi que le livreur de repas C Devant, devient directeur général du nouvel ensemble constitué par la Croissanterie et Rush. Après cette opération, les enseignes associées représentent l’un des premiers groupes de restauration hors domicile en France (RHD) avec un chiffre d’affaires cumulé de près de 150 millions d’euros, dont 22 millions apportés par Rush, et 330 points de vente. Dans les années à venir, David Lascar veut donner une forte impulsion à ses marques pour doubler les ventes de l’enseigne à trois ans, en misant fortement sur les aéroports, les gares et les aires d’autoroutes. Les actionnaires ont décidé de mobiliser 10 millions d’euros au développement de ce projet, avec le concours de Céréa Partenaire comme mezzaneur.


Pourquoi Rush rejoint-il aujourd’hui la Croissanterie ?

Notre banque d’affaires Oaklins nous a orientés vers la Croissanterie en raison d’une grande complémentarité entre nos deux groupes : nous sommes tous les deux dans l’univers de la restauration hors domicile mais avec des cibles complètement différentes. La Croissanterie est positionnée sur le mass market lorsque Pradier, Roberta et C Devant sont sur des marchés de niche. Nous avons donc beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Les marques Roberta et Pradier vont pouvoir bénéficier de l’expertise en matière de gestion d’un groupe aussi important que la Croissanterie tandis que nous pourrons apporter de l’innovation.

Ensemble, nous représentons désormais l’un des premiers groupes français de restauration hors domicile avec 150 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’enseigne et 330 points de vente en France et à l’international.

Quelles sont les synergies à venir ?

Roberta et Pradier sont des marques très pointues, qui ont été capables de changer en profondeur depuis qu’elles ont intégré le groupe Rush et de créer beaucoup d’innovation dans le secteur de la restauration hors domicile. Rush va apporter à la Croissanterie sa capacité d’innovation, tant en termes de design des restaurants que de menus, qui vont être enrichis et modernisés avec de nouvelles recettes. Rush détient par exemple un laboratoire de 2000 m2 en région parisienne qui pourra être mobilisé au profit de la Croissanterie. La digitalisation des points de vente Pradier que nous avons mis en place sera aussi utile à la Croissanterie.

La Croissanterie va apporter à Rush une expertise exemplaire en matière de gestion. Sous l’impulsion ces dernières années de Marie-Pierre Soury, l’entreprise a réalisé de belles performances en matière de rentabilité et s’est dotée d’une organisation logistique de haut niveau. La Croissanterie est aussi très avancée dans l’implantation dans les gares, et les aires d’autoroutes, des zones de flux où Roberta et Pradier veulent encore se renforcer.

Quels sont vos projets et vos objectifs pour les prochaines années ?

Nous allons multiplier le nombre de points de vente pour les trois marques. Pradier comptera 20 restaurants en plus d’ici trois ans, ce qui représente un doublement de son parc actuel. Roberta, qui gère 4 établissements, va connaître un fort développement avec un vingtaine de points de vente supplémentaires, à la fois en travel retail et en restauration assise. La chiffre d’affaires va donc progresser mécaniquement, sachant que la Croissanterie va aussi croître de façon très nette. De 150 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’enseigne aujourd’hui, l’ensemble constitué de la Croissanterie et de Rush devrait atteindre les 300 millions d’euros début 2023.

Comment s’organise le rapprochement entre les deux groupes ?

Le groupe Rush rejoint le Croissanterie au sein d’une holding nommée Le Goût du naturel (LGN). CM CIC et Gimv, actionnaires de la Croissanterie, contrôlent la majorité du capital de LGN, tandis que les managers, dont je fais partie, détiennent une part minoritaire. Je garde la présidence du groupe Rush et devient DG de LGN, aux côtés de Marie-Pierre Soury, présidente de LGN. Près de 10 millions d’euros sont réinvestis dans ce projet avec le soutien de Céréa Partenaire qui apporte une dette mezzanine.

Comment s’est constitué le groupe Rush ?

J’ai repris Pradier en 2011, qui était une marque réputée dans l’univers de la restauration, créée en 1859 à Paris, mais au rayonnement limité à la rive gauche de la capitale. L’entreprise était alors en redressement judiciaire et réalisait 3 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Tout en préservant les fondamentaux, nous avons revu le concept pour en faire une marque de snacking haut de gamme avec une déclinaison adaptée au travel retail. Nous avons d’ailleurs déjà une dizaine de points de vente dans les gares et les aéroports. 

En 2014, Roberta, restauratrice italienne établie à Paris, a rejoint Rush. Là aussi, le concept de restaurant traditionnel italien a été adapté aux nouvelles façons de consommer, avec le concours de son fils Michele. On y trouve désormais une offre d’épicerie et de traiteur, tout en gardant son identité italienne et son approvisionnement en produits sourcés à 100% en Italie. Là aussi, nous avons commencé à nous implanter dans les zones à flux élevé avec notre concept Roberta Caffè qui a ouvert dans la gare du Nord à Paris. Enfin, il y a deux ans, j’ai repris C Devant, spécialisé dans la livraison de plateaux-repas pour les entreprises et de traiteur pour les réceptions, et qui livre aussi pour le compte de Pradier et de Roberta.

Propos recueillis par Cyril Bonnel