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Mercredi 06 février 2019

De la transparence


Le scandale de la viande avariée en provenance de Pologne en plein procès Spanghero est totalement décourageant. Comment cette viande a-t-elle pu passer tous les obstacles pour finir dans plusieurs pays d'Europe et en France, chez neuf industriels du secteur, sans que rien, ni personne n'y trouve à redire ? La fraude est tellement énorme qu'elle en est  inexplicable.

Et le pire dans toute cette affaire est sans doute de ne pas savoir, ni depuis quand tournait ce petit commerce, ni s'il y a des risques pour la santé, malgré l'assurance des autorités polonaises.

Problèmes de contrôles, de traçabilité, d'étiquetage des lots... cette affaire révèle une fois encore un ensemble de failles dans un système qui pourtant donnait toutes les assurances de son efficacité au niveau européen. Il faut croire que les mailles du filet sont encore assez grosses pour laisser passer de telles arnaques. Et difficile dans le cas présent de ne pas déplorer l'absence d'affichage de l'origine des viandes transformées dans l'UE. Une "opacité des filières agro-industrielles internationalisées, qui réduisent la viande à un minerai", dénonce évidement la Confédération paysanne.

Toujours est-il que cette affaire jette l'opprobre sur tous les maillons de la chaîne, des politiques aux industriels, en passant aussi par les éleveurs. Elle donne surtout l'impression aux consommateurs, comme cela ressort de tous les récents scandales alimentaires (la vache folle, Lactalis...), qu'on lui cache des choses. Pour retrouver la confiance, il faut jouer le jeu de la transparence. C'est salutaire.

Perrine Delfortrie



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