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Mercredi 21 septembre 2016 | obésité/test

Des feux tricolores sur les étiquettes


Dans la lutte contre l’obésité, l’université du Michigan a testé la mise en place de codes couleurs rouge, orange et vert sur la face avant des emballages. Les recherches révèlent que dans 98 % des cas, les consommateurs classent immédiatement le produit comme bon ou mauvais pour la santé.


Une équipe de scientifiques de l’université du Michigan a établi que l’étiquetage actuel sur les risques de maladies des produits alimentaires était insuffisant pour prévenir l’obésité. L’indication claire de termes comme « sucre », « sel » ou « matières grasses » capte l’attention du consommateur mais influe faiblement sur ses choix. Laura Bix, spécialiste du packaging, et Mark Becker, psychologue, tous deux universitaires et coauteurs de l’étude, ont donc effectué des tests sur des panels de consommateurs pour connaître l’impact de l’icône emblématique des feux tricolores sur la face avant de l’emballage. Des séries de produits apparaissaient sur un écran d’ordinateur de manière très courte avec ou sans ce pictogramme, d’autres avec ou sans mention claire des ingrédients jugés néfastes pour l’organisme. Les participants au test devaient instantanément donner leur réponse pour qualifier le produit comme bon ou mauvais pour la santé. « Dans 98 % des cas, les indications sur la face avant de l’emballage étaient repérées par les membres du panel, assure Mark Becker, alors que des modifications sur l’affichage traditionnel n’étaient, dans la majorité des cas, pas relevées ». Le même test a été réalisé avec des smileys, l’un souriant, l’autre neutre, le dernier fronçant les sourcils. Ces icônes n’apportent pas un résultat supérieur aux graphiques des feux tricolores. Le chercheur préconise que ces pictogrammes, déjà en vigueur avec succès dans certains pays, entrent en usage aux États-Unis.

Les deux chercheurs définissent donc trois critères qui influent sur l’acte d’achat du consommateur. Tout d’abord, faire figurer quelques-uns des mots-clés sur les ingrédients associés à des maladies sur la face avant de l’emballage plutôt que sur le côté. Ensuite, apporter une indication rapide par le code couleur inspiré des feux tricolores pour graduer les méfaits nutritionnels des ingrédients, rouge pour les plus dangereux, orange pour un risque modéré et vert. Enfin, les chercheurs relèvent que plus l’information apportée est simplifiée, plus elle est efficace pour retenir l’attention du consommateur. Laura Bix souligne que ces études vont dans le sens des objectifs recherchés par la FDA (Food and Drug Administration). L’agence nationale de santé des États-Unis s’est engagée dans vaste chantier pour améliorer l’information sur la nutrition. Laura Bix rappelle que l’Organisation mondiale de la santé estime à 40 % la population en surpoids dans le monde, un chiffre qui a doublé depuis 1980. 

Emmanuel Brugvin



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