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Mercredi 28 mars 2018

Double tranchant


Depuis le temps qu’Amazon en rêvait, Monoprix a sauté le pas ! La filiale du groupe Casino a annoncé lundi un accord de partenariat commercial avec le géant du commerce électronique américain. Il va ainsi devenir le premier distributeur français à vendre ses produits via le service Amazon Prime Now à Paris et dans sa proche banlieue dès cette année.

Mais avant même la mise en place effective de cet accord qui devrait intervenir au second semestre 2018, certains s’interrogent déjà sur ces conséquences à terme. En cédant aux sirènes du géant de l’e-commerce, Casino n’a-t-il pas pactisé avec le diable ?

L’accord est à double tranchant. D’un côté, les distributeurs enfermés dans une guerre des prix destructrice de valeur, cherchent par tous les moyens de se sortir d’un marché de la distribution alimentaire extrêmement concurrentiel en France. À ce titre, ça n’est d’ailleurs pas un hasard si l’accord Monoprix/Amazon a été annoncé le jour même où Leclerc, jusqu’alors absent de la capitale, lançait sa nouvelle formule de livraison J + 1 "Leclerc chez moi". Mais d’un autre côté, Casino prend le risque, une fois qu’Amazon se sera fait une place auprès des consommateurs parisiens habitués aux produits Monoprix, de voir ses produits évincer aux profits d’une offre alimentaire propre au géant américain.

Leader sur le marché de l’alimentation parisien, un marché estimé à 7 milliards d’euros, le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri (également propriétaire des enseignes Franprix et leader Price) a donc pris un risque calculé, au moins aujourd’hui. L’avenir dira s’il a fait le bon choix.

Perrine Delfortrie



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