Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 21 octobre 2020

Doutes


Cooperl persiste et signe ! La coopérative bretonne ne cesse de clamer son innocence depuis l’annonce mi-juillet des sanctions infligées par l’Autorité de la concurrence au "cartel du jambon", indiquant que tout ceci est basé sur de « fausses preuves ». Avec plusieurs charcutiers, la Cooperl a été condamnée pour entente sur les prix. Et c’est elle qui a écopé de la plus grosse amende : 35,5 millions d’euros. Une somme qu’elle déclare aujourd’hui être dans l’incapacité de payer, à moins d’engager une profonde restructuration. En clair, elle menace de geler les recrutements et les investissements, de baisser significativement les salaires et de fermer des sites sur les douze qu’elle possède en France.

Si la Cooperl a immédiatement fait appel de cette décision, celui-ci n’est pas suspensif. À moins que la coopérative ne dépose « une requête auprès du Premier président de la cour d’appel de Paris afin d’obtenir le sursis à l’exécution de la décision de l’Autorité de la concurrence », indiquait Bercy au lendemain des menaces de la Cooperl. Et le ministère de préciser qu’à défaut d’un sursis à exécution, ses services « en engageront l’exécution, dans des conditions de délai compatibles avec la capacité de remboursement du groupe Cooperl Arc Atlantique afin que l’amende ne représente pas un risque pour l’activité du groupe et l’emploi de ses salariés ».

Une bouffée d’oxygène, certes pour Cooperl, mais qui ne règle pas le problème au fond. Oui ou non, cette condamnation repose-t-elle réellement sur des faux ? On serait tenté de penser que l’Autorité de la concurrence a « blindé » son dossier avant de prononcer ses condamnations. Mais, d’un autre côté, la constance des démentis de Cooperl laisse planer un sérieux doute.

 

Perrine Delfortrie



Téléchargements