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Mercredi 17 mai 2017 | levée de fonds

Ecomiam lève des fonds pour changer de dimension


Afin d’accélérer l’ouverture de nouveaux points de vente sur le territoire, Ecomiam vient de réaliser un emprunt obligataire de 1 million d’euros auprès de deux fonds régionaux, Force 29 et UI Gestion. Dans cinq ans, à l’échéance de l’emprunt, les fonds pourront convertir leurs obligations et détenir ainsi une participation au capital, actuellement entre les mains d’Antoine Sauvaget, le directeur général, et sa famille.


Après un développement totalement autofinancé depuis sa création en 2009, Ecomiam vient de lever 1 million d’euros par emprunt obligataire auprès de deux fonds régionaux, Force 29 (1) et UI Gestion (2). Les obligations émises ont été réparties à parité entre les deux fonds. " En tant qu’entreprise familiale, nous souhaitions y aller doucement. Aujourd’hui l’entreprise est arrivée à un degré de maturité qui lui permet d’envisager d’aller plus vite dans son développement", explique Antoine Sauvaget, le directeur général sur cette levée de fonds. Le distributeur breton de produits surgelés exclusivement issus des filières de production françaises est aujourd’hui présent dans dix villes de l’ouest de la France (Quimper, Nantes, Lorient, Brest, Carhaix, Landerneau, Morlaix, Lannion, Saint-Brieuc et Pontivy). Ecomiam a réalisé un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros en 2016. "Notre objectif est de multiplier les ventes par deux à l’horizon 2021", indique Antoine Sauvaget, par un renforcement du maillage territorial sur les cinq départements bretons (Loire-Atlantique incluse).

La société a créé un modèle de distribution à l’opposé de la distribution classique. "Le principe est de s’émanciper de tout ce qui coûte au consommateur, typiquement des cartes de fidélité qui augmentent les prix de vente, des offres promotionnelles qui masquent la réalité des prix ou encore trop d’emballages. En allant à l’encontre des codes de la grande distribution nous pouvons maintenir des prix stables à l’année". Une visibilité qui vaut aussi pour le transformateur et qui a une valeur éducative pour les consommateurs "qui retrouvent la juste valeur des produits", assure le dirigeant.

Il faut entre un an et demi et deux ans pour qu’un magasin Ecomiam arrive à maturité, c’est-à-dire que le magasin dépasse 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Le format est généralement de 300 m2, avec deux salariés au démarrage, passant à trois à maturité. Les produits (viande, poisson et légumes), majoritairement bruts, proviennent des filières françaises, à 70 % bretonnes. La société n’exclut pas à terme de lancer des mélanges de légumes.

Pour aller encore plus loin dans sa démarche, les responsables d’Ecomian ont mis au point une étiquette pédagogique unique sur leurs produits. Ce principe d’étiquetage permet au consommateur de visualiser le bassin de production, le lieu de transformation, les prix d’achat aux transformateurs, la marge d’Ecomiam, et la part qui revient à l’État. Une démarche informative vertueuse et originale qui a d’ailleurs valu à l’entreprise la visite en mars dernier d’une délégation de la Commission européenne venue se renseigner sur les pratiques et usages au sein de l’Union, dans le cadre d’un programme de travail de la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire.

"Ce qui porte aussi notre développement, c’est que le produit est bon grâce à notre approche qualitative", n’oublie pas de rappeler Antoine Sauvaget, qui refuse de se focaliser uniquement sur le prix. Et au-delà de cette approche qualitative, Ecomiam a également une approche collaborative vis-à-vis des équipes. "Compte tenu de l’ADN de l’entreprise, nous envisageons d’ouvrir le capital aux salariés", poursuit le responsable. De 25 actuellement, la société devrait passer à une soixantaine en 2021.

1- Doté d’un capital de 13 millions d’euros, Force 29 est le véhicule de la Caisse Régionale de Crédit Agricole du Finistère au service du développement du territoire, des entreprises finistériennes, et des projets innovants.
2 - Société de capital investissement indépendante, UI Gestion, gère via ses différents véhicules d’investissement, plus de 500 millions d’euros d’actifs pour le compte d’investisseurs institutionnels de premier plan et pour le compte d’entrepreneurs.

Modification programmée du capital d’Ecomiam

Antoine Sauvaget avoue une "grande satisfaction d’être accompagné par des fonds régionaux", estimant que "ça fait sens dans la démarche d’origine d’Ecomiam". Les deux fonds reconnaissent quant à eux avoir été attirés par le concept original et les valeurs défendues par la société. Didier Hamon, chargé des investissements de Force 29, estime qu’il faut maintenant "apporter du souffle à l’entreprise afin de lui permettre son expansion". Sylvain Querneau, directeur d’investissement chez UI Gestion qu’Ecomiam de son côté, rappelle que s’ils n’interviennent pas dans la gestion, les investisseurs font néanmoins plus qu’apporter des fonds. "Notre rôle est d’accompagner les dirigeants dans leur réflexion stratégique et prise de hauteur pour mettre en œuvre le développement de la stratégie".

À l’échéance de l’emprunt, c’est-à-dire dans cinq ans, Force 29 et UI Gestion, pourront convertir leurs obligations en actions et prendre ainsi une participation dans le capital d’Ecomiam. Ni les deux fonds d’investissement, ni l’entreprise ne souhaitent aujourd’hui donner plus de précisions sur cette évolution programmée du tour de table et la nouvelle répartition des parts. La société qui est aujourd’hui entièrement détenue par la famille Sauvaget indique juste mener "une réflexion pour faciliter cette montée au capital".

Perrine Delfortrie



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