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Mercredi 17 avril 2019

Egalim : des progrès insuffisants pour une meilleure répartition de la valeur


Le comité de suivi des relations commerciales qui se tenait mardi 16 avril autour de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, pour examiner la mise en œuvre de la loi Egalim n’a pas réglé les points de désaccord entre industriels et distributeurs. Il a surtout confirmé que les avancées constatées pour un meilleur partage de la valeur ne se sont pas suffisamment répercutées aux agriculteurs, en dehors des éleveurs laitiers. Didier Guillaume a appelé les acteurs de l’ensemble des filières à la responsabilité.


Le comité de suivi des relations commerciales qui se tenait mardi 16 avril autour de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, pour examiner la mise en œuvre de la loi Egalim n’a pas réglé les points de désaccord entre industriels et distributeurs. Il a surtout confirmé que les avancées constatées pour un meilleur partage de la valeur ne se sont pas suffisamment répercutées aux agriculteurs, en dehors des éleveurs laitiers. Didier Guillaume a appelé les acteurs de l’ensemble des filières à la responsabilité.

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie ont à nouveau réuni mardi 16 avril, les représentants des producteurs, des transformateurs et des distributeurs, dans le cadre d’un comité de suivi des relations commerciales. Une réunion pour faire le point sur l’état d’avancement de l’application de la loi Egalim qui n’a visiblement pas réussi à apaiser tous les désaccords, loin de là.

"Nous sommes à l’année N, cette année N montre qu’il y a des avancées sur le lait, mais ces avancées ne sont pas encore répercutées comme il le faudrait chez les agriculteurs, donc il faudra avancer l’année prochaine", a constaté Didier Guillaume. Selon lui, il y a "encore beaucoup de marge pour que les agriculteurs vivent de leur travail". Autant dire que la meilleure répartition de la valeur qui est au cœur de la loi n’a pas vraiment fonctionné.

La DGCCRF veille au grain

La secrétaire d’État a quant à elle insisté sur nécessité que chacun joue le jeu et rappelé à l’attention de ceux qui voudrait "contourner le jeu de la négociation" que la DGCCRF veille. Agnès Pannier-Runacher a d’ailleurs fait état de plusieurs indices sérieux de pratiques répréhensibles, détectés par l’autorité, tout en rappelant "l’inflexibilité du gouvernement dans la lutte contre les pratiques abusives de la grande distribution".

Des rappels sans doute nécessaires, alors que l’Ania et la FCD campaient sur leurs positions au sortir de cette réunion. Le présentant des industriels évoquant cette année un "constat sans appel" alors que "les entreprises alimentaires ont subi des baisses des prix de 0,4 % par rapport à l’année dernière". De son côté, la FCD parlait de "déflation quasiment stoppée". Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, s’est montrée positive quant à elle, évoquant l’espoir de tirer "un enseignement de tout ce qui ne va pas bien dans tous les autres produits que le lait pour faire mieux l’année prochaine". Et de confirmer que si la pression à la baisse sur les prix persiste de la part de certains distributeurs, "'il y en a de plus vertueux que d’autres", sans donner de nom. Nul doute qu’ils se reconnaîtront.

En conclusion, les ministres ont insisté sur "la nécessité d’aller plus loin, et de poursuivre et multiplier les initiatives visant à garantir une rémunération plus équitable des agriculteurs". À cet égard, des engagements ont été demandés sur les marques de distributeurs, qui ne sont pas concernées aujourd’hui par les négociations commerciales.

Perrine Delfortrie



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