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Mercredi 07 février 2018 | prévisions

En 2018, les IAA à la traîne des secteurs qui profitent de la reprise


Selon les économistes du Crédit agricole, les industries agroalimentaires hors boissons devraient connaître une reprise modérée cette année, à l’inverse des boissons alcoolisées ou non, dont la dynamique serait plus soutenue.


À l’occasion de la publication du premier Eco Tour de la direction des études économiques du Crédit agricole le 2 février, les économistes de la banque verte ont délivré leurs prévisions pour l’année qui commence. Le tableau qu’ils brossent est plutôt encourageant pour l’ensemble de l’économie mondiale et pour celle de la France en particulier. Ainsi, pour le marché domestique, prévoient-ils « une croissance soutenue pour les principaux secteurs industriels », la France étant portée « par un contexte économique mondial qui reste favorable. » La consommation des ménages (+1,6 %) et des investissements qui progressent leur permettent ainsi de prédire une croissance en 2018 identique à celle de 2017, soit +1,7 %.

Les grands secteurs de l’économie nationale devraient progresser de façon soutenue. « L’aéronautique (+3 %) devrait notamment être portée par un trafic aérien mondial toujours en progression » et le BTP devrait atteindre un pic à +4,1 % en 2018.

En revanche, la situation est bien plus délicate pour les industries agroalimentaires hors boissons. En 2017, les volumes auraient diminué de 0,6 %, mais les prix alimentaires auraient compensé nettement cette baisse des volumes, notamment avec les fortes hausses du sucre, du beurre et des produits de la mer.

Trouver des débouchés à l’export

Cette année, les économistes du Crédit agricole prévoient une poursuite de l’amélioration de la conjoncture économique constatée depuis le début 2017. Cela devrait permettre aux IAA françaises de « trouver de nouveaux débouchés, principalement à l’exportation, » en particulier pour le lait et le sucre qui ne sont plus régulés par des quotas. La compétition avec les pays concurrents devrait s’accentuer cette année, avec pour conséquence un ralentissement des prix. Cela devrait être vrai surtout pour la viande, le sucre, les fruits et légumes et les céréales. Comme en 2017, les volumes devraient progresser sur des marchés de niches tels que les plats préparés et les produits diététiques destinés aux personnes âgées ou aux nourrissons.

En Europe, le Crédit agricole voit se dessiner une répartition des rôles entre les pays de l’Est dont les capacités en croissance devraient prendre le relais de l’ouest sur les produits d’entrée de gamme. L’Europe de l’ouest, et en particulier la France, devait profiter de la montée des prix sur les produits élaborés comme le traiteur. Mais les volumes en baisse ne seront pas totalement compensés par la hausse des prix. À moyen terme, face à une demande domestique stagnante, « c’est en partie encore sur les commodités que la France et l’Europe peuvent préserver leur contribution, mais aussi de plus en plus sur les produits à valeur ajoutée. »

À l’opposé de ce tableau mitigé, le secteur des boissons alcoolisées devait connaître une année 2018 aussi florissante que 2017 avec une prévision de croissance en volume de 2,5 % (après 2,8 % en 2017). La Coupe du monde de football, le retour des touristes, l’amélioration du climat sécuritaire et la progression de la restauration hors domicile sont autant de facteurs favorables à la consommation des boissons sans alcool et des eaux.

Cyril Bonnel



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