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Mercredi 15 novembre 2017 | œufs

En difficulté, Matines prévoit de fermer son site de Branges


Matines, la filiale d’Avril, estime que 72 emplois sont menacés, qu’elle devra fermer son site de Saône-et-Loire et spécialiser celui du Morbihan. Opérant surtout dans l’œuf standard, l'entreprise est confrontée à la montée de l’œuf alternatif.


Cap sur l’œuf alternatif : tel est le mot d’ordre aujourd’hui chez Matines, dont 70 % de l’activité sont faits avec les œufs issus de poules en cage. Or, les attentes des consommateurs ont changé. Ces derniers achètent de plus en plus d'œufs biologiques ou issus d’élevages en plein air, et se détournent de l’œuf standard. Les distributeurs ont emboîté le pas en prenant des engagements publics de ne plus commercialiser que des œufs alternatifs.

« La situation de Matines n’est pas bonne et elle est liée à la surproduction d’œufs standards qui a fait baisser les prix et a dégradé les marges », explique Ghislain de Rolland, directeur général de Matines. L’entreprise devrait réaliser 200 millions de chiffre d’affaires en 2017 (après 178 millions d'euros en 2016), pour une production de 1,5 milliard d’œufs. Et les pertes devraient atteindre les 14 millions d’euros à la fin de l’année. Avril a déjà procédé à une augmentation de capital de Matines de 44 millions d’euros en juillet dernier.

Revoir le modèle économique

« La situation n’était plus tenable pour nous et il fallait donc revoir notre modèle économique », poursuit Ghislain de Rolland, afin de mettre le cap vers l’œuf alternatif. Le 9 novembre, « un projet d’adaptation de son activité de conditionnement d’œufs coquille » a été présenté. Si ce projet était mis en œuvre, cela impliquerait de supprimer 72 postes (sur un total de 357 salariés) localisés sur deux sites : à Branges, en Saône-et-Loire (58 salariés), et à Naizain, dans le Morbihan (14 salariés). « Notre plan d’adaptation de l’organisation industrielle impliquerait la fermeture du site de Branges et l’adaptation d’une partie du site de Naizain », explique le directeur général. Branges nécessiterait trop d’investissement pour être au niveau et ne dispose pas de la réserve foncière suffisante pour pouvoir s’agrandir, selon Matines.

La direction de l’entreprise « accompagnerait chacun des salariés concernés et donnerait la priorité à la reconversion ou au reclassement et à la mobilité au sein du groupe Avril », indique Matines. Les négociations avec les partenaires sociaux doivent commencer le 20 novembre.

Pour accélérer sa transformation vers l’œuf alternatif, Matines va accompagner la montée en puissance d’autres sites qui présentent un potentiel de développement, à l’image de Trémorel, dans les Côtes-d’Armor, où 22 postes devraient être créés l’année prochaine, et de Brugnens (Gers) où Matines a investi 1,7 million d’euros en 2016.

Cyril Bonnel



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