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Mercredi 11 septembre 2019

Entre le marteau et l’enclume


La peste porcine ne décime pas seulement les cheptels chinois, elle lamine aussi les marges des industriels de la charcuterie. En témoignent les comptes semestriels de Fleury Michon, qui font apparaître une perte opérationnelle de 5,7 millions d’euros et des marges négatives. Et le groupe ne cache pas que l’ensemble de l’exercice 2019 devrait être touché par les conséquences de cette épidémie. En effet, sans compter "l’atonie de la consommation", la forte hausse des cours de viande porcine est un véritable problème pour l’industriel, quand on sait que le coût de la matière première représente plus de 50 % du prix du produit, voire 80 % dans le jambon.

Et sa forte dépendance vis-à-vis de la grande distribution n’arrange rien, bien au contraire. Le groupe familial réalise en effet la majeure partie de ses ventes en GMS. La prise en compte du coût de la matière première dans le prix final ne dépend donc pas uniquement de lui, mais du bon vouloir des distributeurs et de la réussite des négociations. Mais aujourd’hui le temps joue toujours en sa défaveur. "En raison des temps de concertation avec la distribution, la répercussion de cette hausse dans les tarifs produira ses effets essentiellement sur le second semestre 2019", prévient-il. Et comme l’épidémie de peste porcine poursuit ses ravages et que rien n’arrête la flambée des cours, quoi qu’il arrive, les hausses de prix obtenues dans la grande distribution marqueront un temps de retard. C’est ce qui s’appelle être coincé entre le marteau et l’enclume.

Perrine Delfortrie



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