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Mercredi 13 février 2019

Esprit, où es-tu ?


Ce qui fut dit ne fut pas fait ! C'est en tout cas ce qui ressort du dernier Observatoire des négociations commerciales publié par l'Ania. À quinze jours du clap de fin, les statistiques montrent clairement que certains distributeurs semblent avoir oublié leurs bonnes paroles et autres promesses. 96% des 453 entreprises sondées (95 % de PME-ETI) par l'association estiment en effet que "la situation avec leurs clients de la grande distribution n’est pas meilleure, voire s’est dégradée, par rapport à l’an passé". Et chacun garde en mémoire les tensions rencontrées lors des négociations de 2018, alors qu'une charte avait été signée entre tous les acteurs de la chaîne alimentaire.

Les Cassandre qui disaient que tout allait changer avec la loi Alimentation se font beaucoup plus discrètes ces derniers temps, et pour cause. Cette fois, c'est l'esprit des États généraux de l'alimentation visant à changer les règles pour mieux répartir la valeur tout au long de la chaîne alimentaire et ainsi mettre fin à une guerre des prix mortifère qui paraît loin, très loin même. En fait, quoi qu'on fasse, charte ou pas, nouvelle loi ou pas, ces négociations restent immuablement guidées par une seule motivation : acheter au plus bas. Selon Richard Girardot, patron de l'Ania, les PME font face à des demandes de déflation de la part de la grande distribution allant de 1,5 % à 4 %.

Difficile de savoir comment tout cela se terminera le 28 février. Difficile également de faire la part des choses entre les messages contradictoires des uns et des autres. Mais à force de faire croire aux consommateurs que l'alimentation ne vaut rien, il deviendra de plus en plus difficile d'inverser la tendance. C'est laisser perdurer une dangereuse illusion, un brouillard épais que la loi Alimentation aurait dû contribuer à lever. Une occasion perdue ?

Perrine Delfortrie



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