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Jeudi 09 mai 2019

Gaspillage alimentaire : Bruxelles propose une méthodologie commune pour quantifier les volumes


Pour mieux lutter contre le gaspillage alimentaire, la Commission européenne vient de proposer une méthodologie commune afin de mieux évaluer ce phénomène au niveau de l’ensemble de l’UE. Le but affiché est d’aider les États membres à quantifier le gaspillage alimentaire à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement.


La prévention du gaspillage alimentaire a été identifiée par l’UE comme l’un des domaines prioritaires du Plan d’action en faveur de l’économie circulaire adopté par la Commission en décembre 2015. Chaque année, environ 20 % des denrées alimentaires produites dans l’UE sont perdues ou gaspillées, ce qui entraîne des dommages sociaux, environnementaux et économiques inacceptables. À l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode harmonisée permettant de mesurer les déchets alimentaires dans l’UE, les pouvoirs publics ayant de ce fait plus de difficultés à en évaluer l’ampleur, les origines et l’évolution dans le temps. Afin de combler le déficit de données sur les déchets alimentaires, la Commission a donc proposé, le 6 mai 2019, d’établir une méthodologie commune visant à mesurer le volume des déchets alimentaires à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Sur la base d’une définition commune du gaspillage alimentaire, la méthodologie devrait garantir une surveillance cohérente des niveaux de gaspillage alimentaire dans l’ensemble de l’UE. Si la proposition de la Commission définit ce qui doit être mesuré en tant que gaspillage alimentaire à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement ainsi que la manière dont il convient de procéder à cet égard, elle offre toutefois une certaine souplesse quant aux modalités de collecte des données au niveau national.

Avec le soutien de la Plateforme de l’UE sur les pertes et le gaspillage alimentaires, la Commission compte suivre de près la mise en œuvre de sa méthodologie en organisant des échanges réguliers avec les États membres afin de faciliter sa mise en œuvre pratique et de partager les connaissances acquises. Sur la base de cette méthodologie, les États membres devraient mettre en place un cadre de suivi, avec un premier compte rendu intervenant en 2020, afin de fournir à la Commission les premières données nouvelles sur les niveaux de gaspillage alimentaire d’ici à la mi-2022. Jyrki Katainen, commissaire européen chargé de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité, et également responsable de la santé et de la sécurité alimentaire (1), a déclaré, le 6 mai 2019, dans une allocution devant la Plateforme de l’UE sur les pertes et le gaspillage alimentaires : « Les arguments économiques en faveur de la prévention du gaspillage alimentaire sont convaincants. La recherche montre un retour sur investissement de 14 sur 1 pour les entreprises qui ont intégré la réduction des pertes et des déchets alimentaires dans leurs activités. Je compte sur la participation active des exploitants du secteur alimentaire aux actions destinées à mesurer le gaspillage alimentaire, à en rendre compte et à lutter contre celui-ci ».

Un coût de 143 milliards d’euros chaque année

Le fait de jeter des aliments qui sont encore consommables ou qui pourraient être utilisés comme sous-produits dans l’industrie entraîne des pertes financières colossales pour les consommateurs et l’économie. Selon l’étude réalisée au titre du programme de recherche de l’UE, Fusions, plus de 88 millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées chaque année dans l’UE, pour un coût associé estimé à 143 milliards d’euros.

En septembre 2015, dans le cadre des objectifs de développement durable à l’horizon 2030, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté l’objectif consistant à réduire de moitié le volume de déchets alimentaires par habitant, au niveau de la distribution comme de la consommation, et à diminuer les pertes de produits alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement. L’UE et ses États membres se sont engagés à atteindre cet objectif. Cependant, à l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode harmonisée permettant de mesurer les déchets alimentaires dans l’Union, les pouvoirs publics ayant de ce fait plus de difficultés à en évaluer l’ampleur, les origines et l’évolution dans le temps. Les déchets alimentaires sont générés tout au long de la chaîne alimentaire : au cours de la production primaire, de la transformation et de la fabrication, de la distribution, dans les restaurants et les services de restauration et au sein des ménages. Il est donc particulièrement difficile d’en déterminer le volume, étant donné que les déchets alimentaires, leurs sources et les facteurs qui sont à l’origine de ceux-ci présentent des caractéristiques différentes à chaque stade de la chaîne d’approvisionnement.

Les données actuellement collectées sur les déchets, en particulier celles collectées à des fins statistiques, ne contiennent pas d’informations détaillées sur les quantités de déchets alimentaires. Cela s’explique par le fait que, très souvent, les déchets alimentaires sont, au moment de leur collecte, mélangés à d’autres déchets. En outre, sachant que les données sur les déchets sont généralement recueillies au cours de la phase de collecte des déchets, elles ne contiennent pas d’informations sur les déchets qui sont jetés en dehors du système de collecte et de traitement des déchets.

is Andriukaitis, le commissaire en charge de la santé et de la sécurité alimentaire, retenu par sa participation à l’élection présidentielle qui doit avoir lieu le 12 mai 2019 dans son pays d’origine, la Lituanie.

 

Aziz Ben Marzouq
 



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