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Mercredi 27 septembre 2017

Grand écart


Que veulent manger les Français ? C’est la question que l’on est tous en droit de se poser lorsque l'on regarde les dernières tendances alimentaires. Le burger, emblème de l’impérialisme culinaire américain, ne cesse de coloniser nos repas. Il s’en est vendu 1,3 milliard rien qu’en France l’année dernière, laissant désormais loin derrière le jambon beurre, qui n’a vraiment plus les faveurs de nos compatriotes.

Le burger, mou, chaud, à la fois sucré et salé, est dans l’air du temps. Il sait surtout s’adapter au goût de chacun, se fait plus qualitatif si besoin, se fond dans le paysage comme on peut le voir avec l’arrivée des hamburgers à la française. C’est même devenu un terrain de jeu pour des chefs créatifs.

Pourtant, le hamburger d’entrée de gamme, celui des fast food qui l’ont popularisé, reste le gros du marché. Dans son sillage, les spécialités culinaires nord-américaines se font une place dans les repas à la maison. Les grandes surfaces aménagent même un coin d’épicerie US, répondant aux attentes de Français pour ces produits emblématiques de la junk food.

A côté de cela, le bio explose en France, prenant une part croissante dans le panier des Français. On devrait dépasser les 7 milliards d’euros de ventes cette année pour les produits bio en France. Le végétal, le « clean label », le circuit court procèdent de la même motivation pour le « manger mieux », afin de préserver sa santé et son environnement. Et il n’y a pas qu’en France que le phénomène prend de l’ampleur. Outre-Atlantique, berceau de la malbouffe, le bio devient un mode de consommation de plus en plus populaire. Le secteur attire les capitaux, y compris de la part des géants tels que Pepsi ou Coca Cola, prêts à répondre à l’appétit, apparemment contradictoire, de consommateurs adeptes des sodas, chips mais aussi de végétal, de bio et de sans OGM.

Cyril Bonnel