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Mercredi 27 février 2019

Halte à la désinformation    



Eh bien non, contrairement à ce qu'un petit nombre voulait faire croire à une grande majorité, la loi Alimentation n'a pas entraîné d'inflation sur les prix. La preuve par les chiffres. Pour savoir si oui ou non, le relèvement du seuil de revente à perte (SRP) de 10 % à partir du 1er février avait entrainé une flambée des étiquettes sur les produits alimentaires notamment, l'Iri a réalisé une étude sur les prix des PGC vendus en grandes surfaces entre la semaine du 4 au 10 février et celle du 7 au 13 janvier. Le résultat est sans appel : l'effet est "nul et indolore" sur les étiquettes de prix, indique l'institut. Et même, souligne Juliette Favre, l'auteure de l'étude, l'inflation qui est de 0,13% sur les marques nationales (Nutella, Coca-Cola..) est "compensée" par une déflation des marques de distributeurs (MDD) de 0,31%, "en phase avec les annonces de baisses de prix" des distributeurs.

En fait, sur la base d'un panier moyen équivalent entre janvier et février, le consommateur ne paye que 10 centimes de plus, selon l'Iri. On est donc bien loin des hausses majeures évoquées par certains, début février. Si l'objectif de la loi Alimentation est de permettre le ruissellement des prix tout au long de la chaîne jusqu'aux agriculteurs, il semble que cela profite donc plutôt dans l'immédiat aux consommateurs.

Une désinformation délibérée qui n'aura finalement servi qu'à alimenter les dissensions sur le pouvoir d'achat des Français et créer encore plus de malentendus. Monter les uns contre les autres, plutôt que de travailler ensemble à un partage plus équitable de la valeur et donc mieux rémunérer le travail est contre-productif. Certes, nous ne sommes pas au pays des Bisounours, mais cette mauvaise foi n'œuvre pas pour le plus grand nombre et certainement pas pour une industrie, qui même si elle est en perte de vitesse à l'export, reste la plus importante du pays, et une véritable richesse pour la France. L'afflux de visiteurs au Salon de l'agriculture et leur intérêt pour tout ce qui touche à l'élevage, à la production mais aussi à la fabrication en témoigne, non ?

Perrine Delfortrie



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