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Mercredi 16 janvier 2019

Incertitudes


Un vote massif et sans appel. Le rejet par les députés britanniques de l'accord passé entre Teresa May et l'Union européenne sur le Brexit marque une défaite historique. Autant dire que dès le lendemain de ce vote, le spectre du "no deal" était dans tous les esprits, sachant que la date effective du retrait du Royaume-Uni de l'UE est fixée au 29 mars 2019. Un no deal ou le scénario du pire, dont "les Britanniques seraient les premiers perdants", affirme Emmanuel Macron. Dans un rapport publié fin novembre 2018, la Banque d'Angleterre avait tiré la sonnette d'alarme sur les risques d'une sortie de l'UE sans accord et sans période de transition, prévoyant ainsi une chute de 8 % du produit intérieur brut de la Grande-Bretagne, une montée en flèche de 7,5% du taux de chômage, une hausse de 6,5 % de l'inflation, une chute de la livre sterling...

Évidemment les difficultés seront aussi pour le reste de l'Europe. En France, elles concernent notamment les exportations de produits agroalimentaire en direction du Royaume-Uni, et notamment les vins et les produits laitiers, qui sont les premiers contributeurs au solde commercial français. Selon Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), le "no deal" pourrait se révéler lourd de conséquences et mettre en péril les échanges et les activités de nombreuses entreprises. Il rappelle que « le Royaume-Uni est le second client de la France pour nos ventes de vins et spiritueux. Mais la France est également un importateur important de spiritueux britanniques". Et de s'inquiéter aussi sur l'incertitude qui s'ouvre pour les dirigeants "sur les règles qui devront régir le commerce bilatéral à compter du 30 mars 2019. » Une incertitude globalement peu propice à l'activité économique en général, dont n'a pas besoin l'industrie agroalimentaire actuellement.

 

Perrine Delfortrie



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