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Mercredi 22 juillet 2020

L'affaire dans l'affaire


Après les endives, le jambon... L’Autorité de la concurrence vient d’annoncer avoir découvert après des années d’enquête des ententes à l’amont et à l’aval dans le secteur de la charcuterie. Du coup, ce cartel des jambons regroupant une douzaine d’entreprises du secteur écope d’une amende de 93 millions d’euros. Les filiales d’Agromousquetaires, la Cooperl et Fleury Michon ont d’ores et déjà annoncé leur intention de faire appel d’une décision qu’ils contestent vivement. La Cooperl va même beaucoup plus loin, assurant que la décision de l’autorité se base sur des « éléments aussi faux que calomnieux qui ont été créés de toutes pièces par un groupe concurrent ». La coopérative accuse même nommément la société Campofrio (Aoste), qui compte parmi celles ayant obtenu la clémence de l’Autorité en échange d’informations.

Des affirmations qui laissent pantois. Selon les dires de Cooperl, Campofrio aurait agi de la sorte pour « éviter la mise en jeu d’une clause de garantie de passif par son acquéreur » lors de sa cession par l’américain Smithfield Foods à la société chinoise Shuanghui International. S’il est vrai que l’Autorité ait pu se baser sur de faux témoignages… où va-t-on !?

Les accusations portées par la Cooperl sont graves. Le dossier aura forcément une suite. Une affaire dans l’affaire, dont les dégâts sont déjà irréversibles. De l’amont à l’aval, le secteur de la charcuterie en France va mal. Et ces scandales ne vont rien arranger.

Perrine Delfortrie  



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