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Mercredi 14 mars 2018

L'Arlèsienne


Déjà plusieurs fois évoquée, la sortie du suisse Aryzta du capital du groupe de surgelés Picard est revenue ces jours-ci sur le devant de la scène. Est-ce la fin de l'Arlésienne cette fois ?

Il y a un an déjà, la banque Rothschild avait été mandatée par les actionnaires afin d'examiner différentes options stratégiques concernant l'avenir du groupe de surgelés. Toutes les pistes étaient alors étudiées, de la cession classique à une introduction en Bourse, mais aucune décision n'avait ensuite filtré.

Aryzta détient une participation de 49 % depuis 2015 aux côtés du fonds d'investissement britannique Lion Capital. Celui-ci a repris les rênes de Picard auprès de BC Partners en 2010 pour plus de 1,5 milliard d'euros à l'époque. Dans le deal avec Aryzta (estimé à près de 450 M€), ce dernier bénéficiait d'un droit d'option d'achat pour prendre 100 % du capital de Picard dans un délai de 3 à 5 ans. Une opportunité qui semble assez peu probable aujourd'hui compte tenu de son niveau d'endettement élevé.

Mi-mars, à l'occasion de la présentation des comptes semestriels d'Aryzta, les dirigeants ont assuré que les conditions de crédit seront respectées grâce à la vente d'activités non stratégiques, pour plus de 450 millions d'euros. Ces désengagements inclut La Rousse Foods et Cloverhill, deux opérations déjà réalisées, et sans doute Picard dans les prochains mois.

Reste non seulement à trouver la bonne solution pour ce désengagement, mais surtout le meilleur prix. Selon un analyste de la banque d'affaires suisse Vontobel, Picard soumis à une forte pression concurrentielle sur ses marchés a vu ses marges stagner sur les 9 premiers mois de 2017, et sans l'ouverture de 7 nouveaux magasins en France, la croissance des ventes aurait été négative. Selon l'analyste le prix de cession par Aryzta n'exéderait pas 300 à350 millions d'euros. Un montant qui pourrait expliquer que l'opération tarde autant.

 

Perrine Delfortrie



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