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Mercredi 17 avril 2019

L’œuf alternatif séduit les consommateurs, moins les industriels


Les ventes d’œufs ne cessent de progresser en valeur et en volume, au profit surtout des œufs issus de poules élevées en plein air ou au sol. Auprès des industriels, les ovoproduits alternatifs trouvent leur place, mais avec un temps de retard.


Les ventes d’œufs ne cessent de progresser en valeur et en volume, au profit surtout des œufs issus de poules élevées en plein air ou au sol. Auprès des industriels, les ovoproduits alternatifs trouvent leur place, mais avec un temps de retard.

Les consommateurs français continuent, année après année, de plébisciter l’œuf : les ventes en grande distribution en 2018 ont ainsi grimpé de 1,9 % en volume et de 3,5 % en valeur, signe que le marché se valorise. Ils apprécient de plus en plus l’œuf alternatif puisque ces œufs (élevages au sol ou en plein air, label rouge et biologiques) représentent désormais la majorité des ventes (48 % des œufs vendus sont issus de poules élevées en cages). C’est la première fois que les œufs alternatifs passent la barre des 50 % des ventes. Au sein de cette catégorie, les œufs bio (17 % des ventes d’œufs en France) réalisent une belle progression de 12,4 % en volume.

Un élevage sur deux bientôt alternatif

« Lors de la mise au point de notre plan de filière en 2016, nous imaginions qu’une poule sur deux élevées en France le serait dans un élevage alternatif en 2022, mais cet objectif pourrait être atteint bien plus tôt », explique Loïc Coulombel, vice-président du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). Le CNPO estime que le cap pourrait être franchi dès 2020, tant le rythme de conversion des élevages est soutenu (+9 % en 2018). Ainsi, aujourd’hui, 42 % de la production française d’œufs, estimée à 889 000 tonnes en 2018, étaient issus d’élevages alternatifs, une proportion multipliée par deux en 10 ans. Et la demande reste forte. D’après un sondage, réalisé tous les deux ans par l’institut CSA pour le CNPO, les Français placent le mode d’élevage comme premier critère de choix de leurs achats d’œufs, suivi par l’origine France. 95 % des sondés soutiennent la transition engagée par la filière vers plus d’élevages alternatifs, et 85 % sont prêts à payer plus. L’élevage au sol est perçu par une écrasante majorité comme un gage de bien-être des animaux.

À l’inverse du grand public, l’industrie se convertit moins vite aux ovoproduits alternatifs qui représentent 29 % des ventes totales d’ovoproduits. Sur ce marché, les produits alternatifs progressent toutefois puisqu’ils ne représentaient qu’une vente sur dix en 2011. L’offre d’ovoproduits alternatifs est moins abondante et les industriels ont parfois plus de mal à valoriser une matière première plus onéreuse auprès de la grande distribution.

Cyril Bonnel



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