Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 11 octobre 2017 | traçabilité

L’œuf français joue la carte du produit local


L’interprofession de l’œuf intègre la démarche collective des Produits agricoles de France. Elle prévoit de déployer la mention Œufs de France courant 2018, et de faire de ce nouveau label un argument de plus pour valoriser ses produits auprès des industriels et des distributeurs.


L’interprofession de l’œuf intègre la démarche collective des Produits agricoles de France. Elle prévoit de déployer la mention Œufs de France courant 2018, et de faire de ce nouveau label un argument de plus pour valoriser ses produits auprès des industriels et des distributeurs.

Et un de plus ! Après la viande bovine, le porc, l’agneau et tout dernièrement les fruits et légumes, l’œuf est le dernier produit à rejoindre la démarche visant à valoriser la production nationale. Le fameux logo en forme d’hexagone tricolore va donc se déployer prochainement sur les boîtes d’œufs et les ovoproduits. « Le label Œufs de France viendra remplacer à partir de 2018 la mention Pondus en France, indiquée jusqu’à maintenant sur les emballages et développée par l’interprofession depuis 2012 », a annoncé Philippe Juvin, président du CNPO (interprofession de l’œuf) le 5 octobre, à l’occasion du lancement de la Journée mondiale de l’œuf prévue le 13 octobre.

« Nous sommes actuellement en contact avec l’Association des produits agricoles de France afin d’adopter le logo Œufs de France sur les œufs et les ovoproduits », explique Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO. Le dossier est bien avancé mais il reste à arrêter encore plusieurs points, notamment sur la possibilité donnée aux industriels d’utiliser le logo dès lors qu’ils s’approvisionnent en œufs de France. L’idée de garantir que la poule pondeuse est nourrie d’aliments produits en France est encore en réflexion.

Concrètement, les obligations correspondantes au nouveau label sont plus exigeantes que celles en vigueur pour Pondus en France. Par exemple, la poule pondeuse doit désormais être née en France. « Régie par un cahier des charges strict, l’utilisation du nouveau logo sera soumise à des contrôles réguliers permettant de fournir un maximum de garanties aux consommateurs », explique l’interprofession.

Un impact plus important sur le consommateur

« Le nouveau label a davantage d’impact sur les consommateurs qui sont déjà familiarisés avec le logo à travers la viande bovine ou le porc », souligne Maxime Chaumet. Il va surtout être utilisé par les vendeurs comme un argument de plus dans la négociation commerciale avec les distributeurs qui s’ouvre en novembre. Le nouveau label permettra de prouver que les producteurs sont engagés dans un effort d’amélioration de la traçabilité et qu’ils prennent en compte la demande des consommateurs pour des produits locaux.

La crise du fipronil a causé quelques remous en termes de consommation avec une chute inhabituelle de 6,9 % des ventes d’œufs en magasins pendant la semaine du 7 au 13 août par rapport à la semaine précédente. Mais les acheteurs sont rapidement revenus vers les rayons : la semaine suivante, les ventes étaient reparties à la hausse à +2 % (source Nielsen). Les difficultés rencontrées par les professionnels tiennent surtout à la volatilité des cours qui sont montés en flèche face à la pénurie d’œufs des Pays-Bas et de Belgique, et au report des achats en faveur des œufs français jugés sûrs.

Sur un an (fin septembre 2017), les ventes en magasins sont stables selon Kantar World Panel à -0,5 %. Avec toujours un appétit marqué des consommateurs pour les œufs alternatifs : 53 % des ventes aux ménages se font avec les œufs standards, et 33 % avec les œufs de plein air et label rouge. Les consommateurs sont 85 % à estimer que l’origine France est importante pour leurs achats d’œufs, selon une enquête CSA pour le CNPO de 2017. 89 % sont favorables à une offre d’œufs exclusivement française en magasins, ce qui est pratiquement le cas aujourd’hui.

Chiffres clés de la filière œuf française

- La France est le premier producteur d’œufs en Europe avec 14,3 milliards d’œufs en 2016, juste devant l’Italie (13,2 Mrd) et l’Allemagne (13,1 Mrd) ;

- 47 % des œufs sont consommés par les achats des ménages en magasins et 40 % par les transformateurs (ovoproduits et RHD) ;

- le chiffre d’affaires (sortie usines) est de 1,3 Mrd € dont 400 M€ pour les casseries (fabrication d’ovoproduits) ;

- l’œuf standard constitue 53 % des achats des ménages en magasins, mais 77 % des œufs consommés par les fabricants d’ovoproduits ;

- l’œuf bio représente 12 % des achats des ménages, mais seulement 1 % pour l’industrie.

Cyril Bonnel



Téléchargements