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Mercredi 30 mai 2018

La Vie Claire réorganise sa gouvernance


Distribution > Le départ du directeur général Benoît Soury amène l’enseigne à réorganiser son directoire désormais composé de cinq membres, tout en restant sous la direction de Brigitte Brunel Marmone. La Vie Claire veut poursuivre son expansion en préservant son indépendance.


« Le communiqué de Carrefour nous a obligé à rectifier la vérité au sujet de ce qui est écrit sur la Vie Claire », a déclaré Brigitte Brunel Marmone, président du directoire de l’enseigne basée en région lyonnaise, pour expliquer la prise de parole du 22 mai (Agra Alimentation du 24 mai 2018). « Benoît Soury était en charge des franchises et de la logistique, c’est tout » précise-t-elle, alors que Carrefour détaillait dans son communiqué du 15 mai : « A la Vie Claire, Benoît Soury a œuvré à l’accélération de la transformation de l'offre avec la création de filières, 2000 produits à marque propre, le développement du frais, fruits et légumes, vrac et développement des implantations à l'étranger Maroc, Liban, Pologne. » C’est ce point en particulier qui a déclenché la réaction de la Vie Claire.

Plus de DG, mais un directeur des opérations

Conséquence du départ de Benoît Soury, le poste de DG a été tout simplement supprimé de l’organigramme au profit d’une nouvelle organisation. Guillaume Despierres, directeur administratif et financier, est nommé directeur des opérations, une nouvelle fonction, tandis que le directoire est profondément modifié. Alors qu’il était composé précédemment de Brigitte Brunel Marmone et de Benoît Soury, il se compose désormais de cinq membres, dont Brigitte Brunel Marmone qui en reste présidente : Stéphanie Delmau, directrice marketing et achats, Guillaume Despierres, Hugues Robinet, directeur du réseau des magasins en propre et Bruno Pelen, directeur du réseau des magasins franchisés. 

En revanche, pas de changement au capital de l’entreprise qui reste contrôlé par Régis Pelen et sa famille pour 70%, les managers et les salariés (200 d’entre eux sont actionnaires sur 888) se partageant le solde. L’enseigne qui ne prévoit ni opération de croissance externe, ni rapprochement avec un distributeur, ni ouverture de son capital tient farouchement à son indépendance.

Le e-commerce arrêté en 2018

L’année dernière, la Vie Claire a poursuivi son développement en ouvrant 43 nouveaux magasins selon un nouveau concept initié en 2017 (en cours de déploiement), et qui sont en majorité des franchisés. Les ventes ont progressé de 16% à 270 millions d’euros, et de 5% à parc de magasins constant, une performance proche de Biocoop, le leader français de la distribution spécialisée de produits biologiques.

Cette année, Brigitte Brunel Marmone estime à une quarantaine le nombre d’ouvertures de magasins en France, le plus souvent en franchise. Pas de changement dans les formats, avec un magasin type de 300 m2, qui correspond à l’assortiment de l’enseigne. Celle-ci réalise la majorité de ses ventes avec les produits à sa marque, soit 1850 références. 

L’expérience dans le e-commerce, lancée en 2014, a été arrêtée récemment en raison de la faiblesse de la demande et de délais de livraison trop long. « Nous préparions les commandes dans notre entrepôt de Montagny, et elles étaient ensuite livrées dans les magasins, mais les délais étaient trop longs », explique la dirigeante. Le sujet est remis à plus tard car « nous préférons nous concentrer pour l’instant sur les ouvertures de magasins ».

Des tensions à attendre sur les approvisionnements

Dans un contexte marqué par une demande de produits biologiques bien supérieure à l’offre, des rapprochements à l’œuvre entre enseignes et des ambitions affichées de la grande distribution de lancer des magasins 100% biologiques, la Vie Claire entend maintenir le cap en gardant son indépendance. « Il y a une concentration entre réseaux de distribution spécialisée biologique, avec pour conséquence de moins en moins d’indépendants, et à la fin 5 ou 6 chaînes en France », prévoit Brigitte Brunel Marmone, plutôt sereine sur l’évolution de la distribution spécialisée. « La grande distribution veut lancer ses magasins bio, mais pour l’instant on ne voit pas beaucoup de résultat », faisant allusion au nombre restreint de magasins ouverts jusqu’à maintenant. « Ils vont sûrement toucher une cible plus large que nous, mais dès que le client commence à consommer bio, il s’informe et veut de la qualité, et à ce moment-là il vient plutôt chez nous », poursuit la dirigeante, qui ne dément pas les tensions sur les approvisionnements, qui vont sans doute s’amplifier.

Cyril Bonnel