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Jeudi 05 juin 2014 | chine/investissement

Lactalis se lance sur le marché chinois des laits maternisés


Attiré à son tour par le potentiel qu'offre le marché chinois des laits infantiles, le premier groupe laitier dans le monde (16 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 14,6 milliards de litres de lait collecté) lance deux premiers laits en poudre pour bébé sous la marque Célia. Une première étape dans son implantation en Chine, où il aura notamment pour concurrent, Dumex (Groupe Danone).


ALORS qu'il était absent sur le plus grand marché du monde des produits laitiers, le groupe de Laval annonce, depuis la Chine, son intention de lancer des laits maternisés sous la marque Celia. La société a obtenu la certification et l'accréditation de l'administration chinoise en avril, indique ChinaDaily, citant Jiang Xia, General Manager du groupe pour la Chine. « Dans un premier temps, Lactalis exportera des préparations pour nourrissons haut de gamme dans les régions du Sud. Dans un second temps, il abordera l'ensemble du marché chinois ». Le groupe n'exclut pas de construire une usine à condition de bénéficier de sources d'approvisionnement en lait « fiables et certifiées ». Sur le plan commercial, Lactalis se positionne sur le haut de gamme et les conseils ou services aux familles. « Nous ferons la promotion d'une alimentation saine et des soins à apporter aux bébés auprès des parents chinois », explique Jiang Xia. Pour commercialiser ces produits, Lactalis envisage de passer par le e-commerce, un canal de distribution qui rencontre le succès en Chine.

Selon Brigitte Joseph, directeur des ventes pour l'activité nutrition internationale de Lactalis, « la Chine est un des marchés prioritaires » du groupe. Le marché pèserait 100 milliards de yuans (soit 11,7 milliards d'euros). De nouveaux règlements pour rationaliser les importations de produits laitiers sont entrés en vigueur le 1er mai. Les producteurs chinois se préparent à une concurrence accrue de la part des groupes internationaux. Encore sous le choc du scandale de 2008 sur le lait frelaté, ils ont multiplié les alliances et vont chercher à l'étranger des gages de qualité pour la production de baby food. Biostime, numéro 7 du secteur investit dans une unité de production en Normandie en association avec la coopérative d'Isigny (250 M€ de CA). Le chinois Yili a signé un accord avec une PME italienne Sterilgarda (310 M€ de CA) basée à Mantoue pour lancer une marque de qualité « made in Italie ». Et dernièrement Friesland Campina a créé une joint-venture avec Huishan pour produire des laits infantiles. Parmi les acteurs de ce marché, on ne trouve pas seulement des leaders chinois (tel Yashili, numéro un des laits pour enfants) mais aussi des groupes étrangers tels Nestlé (Wyeth Nutrition) et Danone (Dumex Baby Food). Cette filiale de Danone a été victime en 2013 de la fausse alerte au botulisme lancé par Fonterra, un de ses fournisseurs néo-zélandais avec lequel le français a depuis rompu les liens.

CA