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Mercredi 15 mai 2019

Lait liquide conditionné : les importations en fort recul


Après plusieurs années de sensibilisation auprès des distributeurs et des consommateurs, les importations de lait liquide conditionné ont fortement reculé. L’excédent de la balance commerciale a atteint 112 millions d’euros en 2018.


Parmi les produits agroalimentaires français, bien peu peuvent se vanter d’une balance commerciale excédentaire. C’est le cas pourtant du lait liquide conditionné dont l’excédent de la balance commerciale a atteint 112 millions d’euros en 2018. En volume, environ 320 millions de litres de lait conditionné ont été exportés tandis que 95 millions de litres ont été importés. Ces importations ont chuté de 23% en 2018 par rapport à 2017 selon les données communiquées par Syndilait, le syndicat des entreprises du lait de consommation.

La baisse des importations, enclenchée depuis plusieurs années (-58% de 2015 à 2018), s’explique par la mise en avant du logo Lait collecté et conditionné en France, désormais présent sur 60% des briques et bouteilles de lait. L’année dernière, 97% du lait liquide conditionné proposé en France était d’origine française. Les importations viennent de Belgique (50,5 millions de litres) et d’Allemagne (36,5 millions de litres). Tandis que les exportations concernent les marchés voisins déficitaires en lait : essentiellement l’Italie (45,9%) et l’Espagne (24,2%).

En France, le marché du lait liquide conditionné est toujours difficile avec des volumes commercialisés en grandes surfaces en recul de 3,3% en volume en 2018 (2,3 milliards de litres de lait), et de 0,3% en valeur. « Les fabricants limitent le recul en valeur en misant sur les laits spécifiques comme le lait bio, le lait équitable ou celui mettant en avant une origine particulière », explique Emmanuel Vasseneix, président de l’Institut professionnel du lait de consommation (IPLC). Ces laits spécifiques UHT représentaient 26,1% des ventes en 2018, en hausse de 4% en volume en une année. Parmi les hausses : le lait bio (+19,4%), le lait enrichi (+65,3%), le lait de chèvre (+6,1%) et les laits aromatisés (+1,8%).

Le petit déjeuner, un moment de consommation clé

Le lait liquide est de moins en moins consommé en France, notamment au moment du petit déjeuner que beaucoup de Français négligent. Le véganisme, la sensibilité au bien-être animal et l’idée que le lait n’est pas bon pour la santé expliquent la baisse de la consommation. Pour inverser la tendance, Syndilait a cofondé le Collectif du petit déjeuner afin de sensibiliser les consommateurs à l’intérêt de consommer du lait. Il existe aujourd’hui une Semaine nationale du petit déjeuner en milieu scolaire et un Trophée du petit déjeuner pour les enfants scolarisés. 

Pour Eric Birlouez, ingénieur agronome et sociologue de l’alimentation, les professionnels ont intérêt à ouvrir leurs exploitation et sites industriels pour faire reculer les peurs alimentaires en vogue actuellement. C’est ce que les professionnels de la filière lait feront entre le 24 mai et le 5 juin, à l’occasion de la Journée mondiale du lait (1er juin). L’année dernière, 10 000 consommateurs s’étaient déplacés dans les laiteries.

Cyril Bonnel



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