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Mercredi 08 novembre 2017 | nutrition

Lancement officiel du dispositif d’étiquetage nutritionnel Nutri-score


Le gouvernement a lancé officiellement le 31 octobre le nouveau dispositif d’étiquetage nutritionnel Nutri-score, pariant sur son adoption volontaire par les professionnels et sa capacité à faire face à un concurrent lancé par des géants internationaux de l’agroalimentaire.


Le logo Nutri-score a été lancé le 31 octobre par le gouvernement. Il sera accolé sur la base du volontariat sur le devant des produits, avec cinq lettres – A, B, C, D et E – assorties d’un dégradé de couleur allant du vert au rouge orangé, qui permettront d’informer sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires en magasin. Cet étiquetage répond à trois objectifs : « Renseigner le consommateur sur la qualité globale des aliments, inciter les industriels à améliorer la qualité de leurs aliments, en les reformulant, et faciliter le conseil nutritionnel pour les cadres de santé », a expliqué Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, lors d’une conférence de presse. La ministre a signé le 31 octobre l’arrêté relatif au Nutri-score en compagnie de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et de Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, après que la Commission européenne a statué fin octobre sur sa conformité à la réglementation de l’UE.

Cet arrêté s’inscrit dans le cadre de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, prévoyant que les pouvoirs publics recommandent un tel dispositif. « En offrant une meilleure information au consommateur, l’étiquetage nutritionnel simplifié va participer à l’évolution des pratiques de consommation et contribuer à l’amélioration de l’offre de produits transformés dans le sens d’une alimentation plus favorable à la santé », a considéré Stéphane Travert.

Les distributeurs Intermarché, Leclerc et Auchan, ainsi que les groupes agroalimentaires Fleury Michon, McCain et Danone se sont déjà engagés à mettre en place Nutri-score sur l’ensemble des produits de leurs marques. Selon le groupe Auchan, « les premiers produits présentant le Nutri-Score sur leur emballage seront commercialisés en décembre 2017 » en magasin, et toute la gamme de produits à marque Auchan portera le logo « courant 2018 ».

Convaincre d’autres groupes

Pour Fleury Michon, l’objectif « est d’arriver à avoir 100 % de nos produits étiquetés avec le label avant la fin 2018 », assure Barbara Bidan, responsable santé et nutrition. Mais l’entreprise de charcuterie veut aller plus loin : « Globalement, nous nous sommes fixé l’objectif de parvenir à 85 % de notre offre en A ou B d’ici 2022 », assure-t-elle, contre 29 % aujourd’hui, avec « par exemple la réduction de sel ».

Il faut maintenant que le gouvernement arrive à convaincre d’autres groupes d’en faire de même, car le système est basé sur le volontariat. « L’émulation naturelle entre les marques aboutira à ce que ce logo soit promu et choisi par les industriels », assure Agnès Buzyn estimant qu’il existe également un « vecteur de pression par le consommateur ». Il reste cependant une difficulté supplémentaire : en mars, Coca-Cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever avaient annoncé leur intention d’utiliser leur propre système d’étiquetage. « Je veillerai à ce que le Nutri-score soit à terme le seul logo développé », a clamé la ministre face à ce concurrent lancé par des géants mondiaux.

Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, a pour sa part indiqué que l’association de consommateurs « se retrouvait » dans ce logo Nutri-score qui permet au consommateur de « faire un choix rationnel, éclairé et responsable, le libérant du marketing » des marques. Il a par contre dénoncé la cacophonie causée par l’existence d’un système alternatif plus complexe qu’il qualifie de « manœuvre de diversion ».

L’interprofession laitière (Cniel) a, elle, pris acte de cette signature mais « s’interroge sur un système d’étiquetage réduit à un logo susceptible de stigmatiser certains aliments », plutôt que de « resituer la contribution à un régime alimentaire équilibré de chaque aliment pris dans sa globalité ».

L’Ania favorable à un seul dispositif en Europe

L’Ania « accompagnera les entreprises alimentaires qui s’engagent dans la mise en place d’un système d’information nutritionnelle simplifié », a-t-elle déclaré le 31 octobre suite au lancement officiel de Nutri-score, tout en appelant à « un seul et unique » dispositif en Europe. « Afin de maintenir la compétitivité de nos entreprises françaises qui évoluent avec des partenaires commerciaux européens et mondiaux, et de garantir l’unicité du marché européen, il est essentiel à terme qu’un seul et unique système d’étiquetage nutritionnel volontaire soit retenu au niveau européen pour une information harmonisée des consommateurs », affirme l’association dans un communiqué.

JCD, Agra Presse



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