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Mercredi 11 juillet 2018 | interview

Laure Cassan, directrice générale d’Andrésy Confitures  : « Nous allons présenter une nouvelle gamme 100 % bien-être et bio »


Co-actionnaire avec sa sœur Julia et son frère Bruno de cette TPE familiale (56 salariés) basée à Maurecourt (Yvelines), Laure Cassan, directrice générale en charge du commerce, du marketing et de la communication d’Andrésy Confitures annonce le lancement de nouvelles gammes de confitures bio destinées à ses clients historiques de l’hôtellerie de luxe et des épiceries fines qui seront présentées aux Sial et Sirha. Parallèlement, elle évoque les enjeux de la création de pâtes à tartiner à base de chocolat et de la distribution exclusive des cafés Terramoka tout en affichant de nouvelles ambitions à l’export qui représente 10 % de son chiffre d’affaires.


Comment se répartit aujourd’hui l’activité d’Andrésy Confitures ?

Laure Cassan : Elle n’a pas fondamentalement changé depuis la création de l’entreprise en 1952. Nous travaillons à 65 % à façon pour l’hôtellerie de luxe (4 et 5 étoiles et palaces), les grandes marques créées par des chefs (Bocuse, Le Nôtre, Georges Blanc…) vendues en épiceries fines et qui nécessitent à la fois une garantie de qualité et de reproductibilité des recettes dans la durée. S’y ajoutent les produits à marque de distributeur que nous réalisons pour Picard, les enseignes de la grande distribution alimentaire et jusqu’aux jardineries qui, ces dernières années, ont développé avec succès une offre en épicerie. Les 35 % restants concernent les produits élaborés sous nos marques propres (collections Origines, Nature, Cuisine, Gourmet, Gastronomie et Made in France) que les clients trouvent en hôtellerie, en épiceries fines et dans quelques grandes surfaces notamment en Ile-de-France (marque "Les petites Parisiennes confiturières"). Nous avons 56 % de part de marché dans l’hôtellerie haut de gamme (4 et 5 étoiles et palaces) et nous sommes le quatrième confiturier français derrière Bonne Maman, Andros et Lucien Georgelin avec un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros, stable depuis plusieurs années.

Quel est votre positionnement stratégique ?

L. C. : La qualité et le sur-mesure ! Nous sélectionnons depuis toujours les meilleurs fruits qui, à plus de 65 %, sont d’origine française, provenant majoritairement d’exploitations raisonnées ou bio avec la volonté d’augmenter toujours davantage la part du bio malgré les difficultés d’approvisionnement de cette filière notamment pour des fruits de qualité. Nous maîtrisons plus de 200 recettes pour satisfaire nos clients, très exigeants en termes de qualité, d’originalité et d’innovation, en travaillant les fruits selon des méthodes traditionnelles avec une cuisson en chaudron et avec peu de sucre de canne. Nous possédons aussi un savoir-faire éprouvé et reconnu pour créer des conditionnements personnalisés et spécifiques aux besoins de nos clients qu’ils soient hôteliers, grands chefs, pâtissiers, épiciers ou distributeurs.

Quelles sont vos dernières innovations ?

L. C. : Nous allons présenter aux prochains Sial et Sirha une nouvelle gamme 100 % bien-être et bio élaborée à base de fruits traditionnels comme l’abricot, la fraise, la poire, la figue ou la pêche et la mangue que nous associons à d’autres ingrédients originaux tels que le lait d’amande, les graines de lin ou de chia, les baies de goji, l’acerola, l’aloe vera ou encore le yuzu et le thé matcha par exemple. Ce sont des recettes 100 % fruits bio et sans saccharose ajouté. Cette gamme est destinée prioritairement aux épiceries fines et aux grandes marques. Parallèlement, nous venons de revoir complètement notre gamme Andrésy Gourmet Bio pour l’hôtellerie et les jardineries avec des pots de 28 et 300 gr plus adaptés à la demande. Le groupe Accor et les jardineries Truffaut viennent de la référencer.

Vous vous diversifiez aussi dans le café ou les pâtes à tartiner, pour quelles raisons ?

L. C. : En effet, nous venons de signer un accord de distribution exclusive des cafés Terramoka dans l’hôtellerie et les épiceries fines, la marque continuant de gérer elle-même ses ventes en jardineries. Il s’agit de cinq cafés de sa gamme exception en capsules 100 % biocompostables, en grains et fraîchement moulus. Parallèlement, fin septembre, nous présenterons au prochain Salon Gourmet Selection Food & Wine une toute nouvelle gamme de pâtes à tartiner à base de chocolat avec des recettes classiques (noisette et caramel) ou originales (pistache-menthe et coco) qui sera distribuée dans les épiceries fines. Ces nouvelles collections répondent à notre volonté d’enrichir constamment notre offre avec des produits dédiés au petit-déjeuner complémentaires à nos confitures. Comme nous le faisons déjà depuis huit ans avec les jus de fruits Jean-Louis Bissardon ou depuis plus longtemps avec nos gammes de miels, moutardes et condiments élaborées selon nos cahiers des charges par des fabricants partenaires témoignant de la même exigence de qualité.

Quelles sont vos ambitions à l’export ?

L. C. : L’activité à l’export, qui représente aujourd’hui 10 % de nos ventes, a toujours fait partie de l’ADN de la société dont on peut trouver les produits dans une cinquantaine de pays. Cependant, depuis trois ans, une nouvelle stratégie a défini des ambitions plus fortes que nous sommes en train de déployer en sachant que les contextes législatifs et réglementaires selon les pays nécessitent des temps d’adaptation et des démarches plus ou moins longs. En Europe, l’Italie et l’Espagne sont des marchés prioritaires mais dont l’approche commerciale est plus régionale que nationale. Nous sommes déjà bien représentés aux États-Unis sur la côte ouest et notre objectif est désormais de conquérir la côte est.

Les chiffres clef d’Andrésy Confitures

• 17 M€ de CA en 2017 (stable depuis plusieurs exercices) dont 10 % à l’export et un résultat net en 2016 de 650 800 €

• 65 % de l’activité à façon et 35 % en marques propres principalement pour l’hôtellerie et les épiceries fines

• plus de 200 recettes de confitures

• production annuelle : 2 700 tonnes de confitures

• 65 % de l’approvisionnement en fruits d’origine française

• autres produits : miels, moutardes et condiments, jus de fruits (Jean-Louis Bissardon), pâtes à tartiner et café (Terramoka)

• 56 salariés dont 36 en production (moyenne d’âge 38 ans) Un marché stable avec le bio en forte croissance

Un marché stable avec le bio en forte croissance

Au CAM P4 (fin avril 2018), le marché des confitures et gelées en GMS s’affiche en légère hausse de 0,3 % à 374,2 M€, après un exercice 2017 en croissance de 1,4 % par rapport à 2016. Comme sur toutes les catégories alimentaires, l’offre bio, qui pèse désormais 9 % des ventes totales, enregistre une progression spectaculaire de 19,6 %. Les MDD (36,7 % de part de marché) sont en repli de 2,8 %, tandis que les ventes des marques de fabricants sont en hausse de 2,3 %. A noter que le marché se maintient en se valorisant (+1,4 % entre 2016 et 2017 à 374,2 M€, +0,3 % en CAM P4 2018) alors que les volumes sont en baisse de - 0,8 % à 85 079 tonnes (-2,2 % au CAM P4 2018). Les cinq premiers acteurs du marché en GMS sont Bonne Maman, les MDD, Andros, Lucien Georgelin et Confipote (Materne).

Un marché stable avec le bio en forte croissance

Au CAM P6 (10 juin 2018), le marché des confitures et gelées en GMS  s'affiche en légère hausse de 0,1% à 374,9 M€, après un exercice 2017 en croissance de 1,6% par rapport à 2016. Comme sur toutes les catégories alimentaires, l'offre bio, qui pèse désormais 9,2% des ventes totales, enregistre une progression spectaculaire de 18%. Les MDD (36,5% de part de marché) sont en repli de -3,7%, tandis que les ventes des marques de fabricants sont en hausse de 2,4%. A noter que le marché se maintient en se valorisant (+1,6% entre 2016 et 2017 à 375,2 M€, +0,1% en CAM P6 2018) alors que les volumes sont en baisse de - 0,7% à 85 217 tonnes (-2,5% au CAM P6 2018). Les cinq premiers acteurs du marché en GMS sont Bonne Maman, les MDD, Andros, Lucien Georgelin et Confipote (Materne).

Les chiffres clef des confitures et gelées en GMS (source Iri)

• ventes en valeur :   374,904 M€ au CAM 10 juin 2018 (+0,1%), 375,216 M€ en 2017 (+1,6%)
- dont ventes bio : 34,6 M€ au CAM 10 juin 2018 (+18%), 32,2 M€ en 2017 (+21,6%)

• part de marché en valeur des marques de fabricants et des MDD : 63,5% et 36,5% au CAM  10 juin 2018

• ventes en volume : 84 048 tonnes au CAM 10 juin 2018 (-2,5%), 85 217 tonnes en 2017 (-0,7%)
- dont ventes bio : 5 072 tonnes au CAM 10 juin 2018 (+18,8%), 4 705 tonnes en 2017 (+21,6%)

• part de marché en volume des marques de fabricants et des MDD : 54,5% et 45,5% au CAM  10 juin 2018

• part de marché en valeur des circuits de distribution au CAM  10 juin 2018

Hypermarché : 36,9% (-1%)
Supermarché : 36,9% (+0,7%)
Proximité : 12,4% (+0,3%)
Hard discount : 9,8% (-1%)
Drive : 3,8% (+8,1%)

* source Iri

Propos recueillis par François Lecocq



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