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Mercredi 26 septembre 2018 | consommation

Le CGAAER appelle à des débats « résolument conçus pour le grand public »


Constatant que les derniers évènements publics relatifs à l’alimentation n’intègrent pas suffisamment l’avis des consommateurs, le CGAAER recommande au CNA d'orienter le prochain débat sur l'alimentation davantage vers le grand public. 


Le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux ( CGAAER) a publié dans un rapport, le 18 septembre, des recommandations relatives au débat public sur l'alimentation dont la mise en œuvre a été confiée au Conseil national de l'alimentation (CNA) par la loi d'avenir sur l'agriculture du 13 octobre 2014. En 2017, le ministre de l'Agriculture demandait en effet au CGAAER une mission de conseil visant à définir le débat, en « identifier les différentes modalités d'organisation » et « proposer une méthodologie de mise en œuvre à l'usage du CNA ».

Des 43 pages du rapport, il ressort régulièrement la problématique d’une cible mal atteinte alors qu’elle est la première concernée par les effets de l’alimentation : le consommateur. Le CGAAER rappelle en préambule que les déséquilibres alimentaires sont devenus « un des premiers facteurs de risques pour la santé » et évalue un coût pour la collectivité entre 20 et 50 milliards d'euros (EGA 2017). Selon lui, l’enjeu majeur du débat public sur l'alimentation repose sur la nécessité de réduire ces déséquilibres, et, surtout, de redonner confiance. 

Le consommateur au cœur des échanges

Ainsi, le CGAAER martèle que le débat public sur l'alimentation en cours doit être « résolument conçu pour le grand public », et « être permanent pour produire un effet dans la durée ». Si cette notion de « grand public » est si récurrente dans son rapport, c’est que le CGAAER a pu constater lors d’un bilan analytique des événements de débat public sur l'alimentation (assises, colloques, séminaires, conférences… ) qui se sont déroulés au cours des vingt dernières années que nombre d’entre eux « ont associé les représentants des parties prenantes » (représentants d’organisations de producteurs, transformateurs, distributeurs, collectivités publiques, scientifiques…) mais très peu de « mangeurs ». 

« Il n’existe pas jusqu’à présent de dispositif continu permettant à tout consommateur individuel de s’exprimer directement et d’échanger avec ses pairs ou les autres parties prenantes », regrette le CGAAER. Un tel débat, grand public et permanent, en complément des autres actions du Programme national de l'alimentation (PNA) et du Programme national nutrition santé  (PNNS) à l’œuvre pourrait contribuer à développer une culture de l'alimentation dans toute sa diversité, participer à son évolution et permettre un plus grand partage de l'information. » L'état des lieux des débats existant révèle donc, selon le CGAAER un impact trop faible des débats sur le consommateur, pourtant au cœur du sujet. 

Hélène Chaligne



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