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Mercredi 10 mai 2017 | interprofessions

Le CGAAER préconise de lever « le tabou » du prix à la Maison du lait


Dans un rapport, rendu public le 25 avril, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a pointé du doigt l’absence de rôle économique de l’interprofession laitière, le Cniel.


Thierry Roquefeuil, président du Cniel et président de la Fédération des producteurs de lait (FNPL), en avait démissionné le 9 juillet 2015. La question du prix avait été, entre autres, à l’origine de son coup d’éclat au début de la crise laitière. À l’époque, Thierry Roquefeuil avait déclaré que « les transformateurs considèrent que l’interprofession n’est pas le lieu pour parler de prix et de volume ». Aujourd’hui, c’est le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) qui pose le même débat dans un rapport (1) sur l’interprofession laitière, rendu public le 25 avril. Un débat sur le prix qui n’est donc toujours pas clos et qui laisse libre cours à une partie de cache-cache entre producteurs et transformateurs. « Il conviendrait d’étudier juridiquement, sans remettre en cause le droit de la concurrence, la possibilité de lever le tabou interdisant sous quelque forme que ce soit à l’interprofession de parler de prix », a souligné le CGAAER dans son rapport. Il insiste : « C’est un élément constitutif de la performance ».

Fournir des indicateurs aux OP

D’après le CGAAER, ce serait en augmentant « les compétences des organisations de producteurs (OP) et des interprofessions » que cela pourrait devenir possible. Et cela d’autant plus qu’un récent rapport sur le sujet a été remis à la Commission européenne. À travers le prix, ce sont aussi des indicateurs de référence qui sont mis en cause. Et là encore, le CGAAER est sans appel : « on peut considérer que le Cniel a un rôle majeur à jouer dans le volet économique, en élaborant des éléments de référence partagés par l’ensemble de la filière, et ce, tout particulièrement dans l’appui aux “opérateurs” en matière de contractualisation ; sa carence a été patente dans ce domaine ». Il voit cependant un aspect positif : l’expérimentation récente de création et d’utilisation d’indicateurs économiques au profit de certaines OP et de leur entreprise (Triballat Noyal et Danone). Les OP ont effectivement fortement poussé dans ce sens. Et le CGAAER conforte cette demande puisqu’il estime que la Maison du lait « pourrait fournir des indicateurs économiques génériques ou à façon, dans un total respect de transparence et des règles communautaires » dans le but d’« améliorer la négociation » entre OP et industriels.

Revoir les formules de prix

Le CGAAER constate également que « les formules de prix [du lait, ndlr] actuellement utilisées accordent une trop large place aux indicateurs PI « produits industriels » et PGC « produits de grande consommation », alors que les débouchés de la production s’établissent à hauteur de 60 % pour le marché intérieur et de 40 %, pour les exportations ». Un autre sujet de tension entre producteurs et transformateurs. Dans son rôle économique, le CGAAER estime que le Cniel est « en panne », alors même que ce secteur fait partie intégrante du nom de l’interprofession (Cniel pour Centre national interprofessionnel de l’économie laitière). Un constat similaire sur le plan politique. Une modification de la place et du rôle du conseil d’administration dans la gouvernance est même préconisée par le CGAAER, parmi d’autres recommandations.

l – rapport du CGAAER établi par Philippe Marchal, Xavier Toussaint et Yves Riou, Janv. 2016, 48p.

 

ED



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