Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Mercredi 08 mars 2017 | epicerie fine

Les Ducs de Gascogne jouent la carte locale


Pour financer l'acquisition des Ducs de Gascogne, Cyril et Marie Jollivet ont misé sur des partenaires locaux qui connaissent bien les entreprises agroalimentaires de la région. Les jeunes entrepreneurs veulent mettre l'accent sur le développement du réseau commercial avec un nouveau concept de boutique.


Cyril et Marie Jollivet ont tenu à ancrer dans l'économie locale leur projet de reprise des Ducs de Gascogne, basé à Gimont, dans le Gers : "Avec un nom comme le nôtre, il était difficile de ne pas faire appel à des partenaires de la région", explique Cyril Jollivet. Les Ducs de Gascogne élaborent des conserves (foie gras et terrines) et commercialisent des produits d'épicerie fine tels que des vins, des biscuits, du chocolat ou des biscuits (notamment à travers les coffrets gastronomiques), tous issus du terroir local. Dans 90% des cas, ces produits de négoce sont commercialisés sous leur marque originale afin de valoriser au maximum les PME agroalimentaires régionales.

Il semblait donc tout naturel pour le repreneur de solliciter les acteurs financiers régionaux pour cette acquisition (3 millions d'euros) finalisée mi-janvier. Quatre caisses régionales de banques mutualistes accompagnent le couple d'entretreneurs : le Crédit agricole, la Banque populaire, la Caisse d'épargne et le Crédit mutuel. "C'est toujours beaucoup plus pratique de pouvoir contacter le chargé de clientèle qui est tout proche de notre activité, et de savoir que le décideur final est basé dans la grande ville la plus proche", explique Cyril Jollivet. Et d'ajouter : "Les partenaires mutualistes qui nous suivent sont très au fait du secteur agroalimentaire local, ils financent déjà des entreprises du secteur, et ils savent combien l'agroalimentaire est un secteur important pour l'économie locale." Outre les banques qui ont prêté aux Jollivet, ces derniers ont aussi sollicité deux acteurs qui ont apporté leur garantie financière : le Conseil régional d'Occitanie et BPI France. Ces prêts complètent l'apport de fonds du couple, fruit de la vente de leur entreprise Minercave (grossiste en vins), basée dans la même commune que les Ducs de Gascogne.

Concernés au premier chef par la crise du canard gras

La crise du canard à foie gras qui sévit actuellement touche naturellement les Ducs de Gascogne, dont un quart des 10,5 millions d'euros de chiffre d'affaires (en 2016) provient de cette activité. "Nous sommes encore dans l'expectative, mais nous aurons certainement moins de matière première, et les prix seront plus élevés", souligne Cyril Jollivet. Mais il n'est pas question de travailler des produits d'autres origines : "Nous nous faisons un point d'honneur à ne commercialiser que du fois gras IGP d'origine certifiée Gascogne", souligne Cyril Jollivet. Aucune mesure d'activité partielle n'a encore été prise pour les salariés (74 salariés et 59 intérimaires et CDD en saison), mais si la crise perdurait, cela pourrait être envisagé.

Persuadés que l'entreprise a un potentiel de développement commercial, les nouveaux propriétaires vont mettre l'accent sur le réseau de distribution : 240 épiceries fines qui proposent les produits et 10 boutiques. Parmi ces dernières, 4 sont en propre et 6 en franchise ou en partenariat, une formule qui est privilégiée pour étendre le parc de magasins. "Nous allons ouvrir en partenariat dans deux ou trois mois une nouvelle boutique à Paris rue du Faubourg Saint-Honoré, avec un nouveau concept", explique Cyril Jollivet. L'entrepreneur compte beaucoup sur le partenariat, très économe en capitaux et "très attractif pour les partenaires qui ne versent pas de redevance." Même s'ils ne donnent pas de perspectives de croissance ou de développement précis pour l'avenir, les Ducs de Gascogne entendent bien jouer la carte locale auprès du grand public en misant sur leur identitié. 35% des ventes sont faites aujourd'hui par les partenaires et les épiceries fines, mais cette proportion est appelée à grandir à l'avenir. Sur le créneau de l'épicerie fine régionale, la Comtesse Dubarry (54 magasins) affiche aussi ses ambitions dans dans le cadeau gastronomique, mais les Ducs de Gascogne veulent jouer leur propore partition en pariant notamment sur le terroir et l'accessibilité.

CB



Téléchargements