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Mercredi 12 juillet 2017 | bilan

Les spiritueux en 2016 : entre prémiumisation et baisse des ventes en France   


Dans un contexte difficile, les spiritueux français ont tiré leur épingle du jeu en 2016 essentiellement grâce aux ventes à l'export, tirées par le cognac. En France, la consommation continue de baisser en volume, mais le secteur bénéficie d'une montée en gamme des produits.


A l'occasion de son assemblée générale le 4 juillet, la Fédération française des spiritueux* a présenté son bilan 2016. A noter qu'au total l'an dernier, environ 650 millions de litres de spiritueux ont été produits en France. Confirmant une tendance déjà observée, la consommation française de spiritueux a continué à baisser en volume à 307 millions de litres (source Nielsen). Si les ventes en grande distribution restent globalement stables (-0,03%) autour de 278 millions de litres, les ventes en CHR, qui représentent un peu plus de 10 % des ventes avec 28 millions de litres, baissent plus fortement en volume (-3,5 %).

Pour expliquer cette baisse de consommation, Michel Gayraud, le président de la fédération, rappelle qu'il ne faut pas ignorer le "contexte économique", face à des produits qui ont "une certaine valeur d'achat". La baisse sensible des ventes en cafés-restaurants s'explique, selon lui, parce que "les gens sortent moins". Les spiritueux sont en revanche mieux valorisés en CHR qu'en GMS. La Fédération constate, depuis deux ans, "une forte croissance des catégories rhum et gin, aussi bien en grande distribution qu’en CHR" et un regain d'intérêt autour des amers (bitters), "portés par le succès des cocktails". Enfin, "la tendance de prémiumisation se confirme avec une montée en gamme et une segmentation des différentes catégories".

A l'export, les spiritueux ont atteint un niveau historique de 3,9 milliards d'euros (+5,2 %), pour un volume de 425 millions de litres (+5,1%). Un résultat obtenu essentiellement grâce "au cognac, qui représente 70% des exportations et réalise une année record aussi bien en volume (+5,5%) qu’en valeur (+6,5%)" souligne la FFS.

En France en revanche, le bilan est plus préoccupant, le secteur subissant comme l'ensemble du secteur alimentaire "une guerre des prix et des promotions destructrices de valeur qui alimentent la spirale déflationniste (baisse du taux de marge de 4 points dans l’industrie agroalimentaire depuis 2007, source Ania)", indique ainsi la fédération. Une tendance à laquelle s’ajoute une surtaxation constante de la filière des spiritueux. "D'une part la fiscalité s’est brusquement alourdie depuis 2010 (+10% d’impôts sur la production et +13% de charges socialesvi), et d’autre part, la fiscalité sur les spiritueux (accises) est l’une des plus élevée d’Europe", selon la FFS qui estime qu'il "est temps de redonner des marges de manœuvre à nos entreprises dont 90% sont des TPE et PME, particulièrement fragiles face aux évolutions du marché".

*Créée en 1996, la Fédération française des spiritueux (FFS) représente les producteurs et distributeurs français de boissons spiritueuses et regroupe près de 200 entreprises de toutes tailles présentes dans les régions de France et les départements d’outremer.

 

PDf



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