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Mercredi 21 novembre 2018

Logo ou qualité ?


L’annonce de l’abandon du projet d’expérimentation de leur propre logo nutritionnel sur les aliments par Coca-Cola, Mondelez, PepsiCo et Unilever, Nestlé sortant même du dispositif, va dans le bon sens. Difficile en effet d’accorder 100 % de crédit à un logo dont les règles sont définies par ceux-là mêmes qui fabriquent les produits. Une volte-face évidemment saluée par les détracteurs de la démarche des géants de l’agroalimentaire, tel que l’ONG Foodwatch qui rappelle qu’elle "continue de militer pour un logo obligatoire tel que le Nutri-score à l’avant de l’emballage dans toute l’Europe".

S’il est loin de faire l’unanimité auprès des industriels du secteur, le fameux Nutri-score, adopté depuis 2017 par le ministère de la Santé et qui fait son chemin en Europe, arrive doucement sur les emballages des produits en France. Loin d’être parfait en effet, puisqu’il ne tient notamment pas compte des portions et de la fréquence de consommation, ce logo a au moins le mérite d’exister. Et surtout, "il peut être amélioré ", comme l'estime David Garbous, le directeur marketing stratégique de Fleury Michon, un groupe parmi les premiers à l’avoir adopté. Autant faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Mais plutôt que se battre pour voir apparaître tel ou tel logo nutritionnel sur les emballages des produits, au demeurant déjà très encombrés, ne vaudrait-il pas mieux changer durablement les recettes pour qu’elles soient moins grasses, moins salées, moins sucrées ? Certes, une confiture contient du sucre, mais certaines marques ont montré la voie pour plus de fruits et moins de sucre ajouté, de même que les chips, ou encore le jambon avec moins de sel. La liste est longue de ces produits mieux-disant en termes qualitatifs. En clair, ne vaudrait-il pas mieux militer pour améliorer durablement les recettes ? Tous ensemble.

Perrine Delfortrie



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