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Mercredi 14 septembre 2016 | restauration japonaise/endettement

Matsuri : un nouveau départ


Sous procédure de sauvegarde depuis juillet 205, Matsuri a réussi à négocier un rééchelonnement du remboursement de sa dette avec ses créanciers. Pénalisée par la morosité de la conjoncture dans la restauration depuis 2013, l’activité a retrouvé le chemin de la croissance en 2015 suite à une modification de la stratégie commerciale.


Matsuri, le spécialiste de la restauration japonaise à comptoir tournant peut fêter plus sereinement ses trente ans d’existence. Le 12 juillet en effet, le plan de sauvegarde accepté par les créanciers a été adopté par le tribunal de commerce de Paris. Confrontée à une baisse de l’activité, la société préférant anticiper d’éventuelles difficultés de remboursement de sa dette, avait choisi de se placer sous procédure de sauvegarde en juillet 2015. « L’endettement de Matsuri avait été contracté avant la crise, au moment où l’activité était au plus haut et les conditions de remboursement n’étaient plus adaptées à la génération de cash-flow actuel », explique le conseiller du groupe, Maître Stéphane Cavet, avocat associé du cabinet Simon Associés. La société affiche actuellement une dette bancaire de 8 millions d’euros, pour des fonds propres positifs. La procédure de sauvegarde a donc permis à Matsuri de rééchelonner les conditions de remboursement de sa dette exclusivement financière avec ses créanciers, sans que cela ait d’impact sur l’emploi (200 salariés) et la clientèle. La société a en outre réussi à négocier avec ses principaux fournisseurs de matières premières, pour qu’ils maintiennent leurs conditions tarifaires sur la période, afin de ne pas pénaliser l’activité.

Matsuri, comme l’ensemble du secteur de la restauration, n’a pas échappé à la crise de fréquentation qui pèse depuis 2013. La société a ainsi enregistré « une baisse de sa rentabilité, mais n’a jamais perdu d’argent », affirme Maître Stéphane Cavet. Pour traverser cette période difficile, Matsuri, plutôt positionné sur le haut de gamme, a décidé mi-2014 de baisser ses prix, ce qui lui a permis de gagner de nouveaux clients. Grâce à cette stratégie commerciale gagnante, le chiffre d’affaires et l’Ebitda ont l’un comme l’autre enregistré une croissance de 5 % en 2015, respectivement à 17,8 et environ 1,5 million d’euros. « Le schéma Matsuri est rentable, parce que la clientèle est là, estime Maître Stéphane Cavet. Son objectif maintenant est de se développer sans prendre de risque et de maintenir ses résultats ». Le groupe compte treize établissements en propre en France et 1 en Suisse, ainsi qu’un franchisé en France et quatre au Maroc. Une éventuelle poursuite du développement dans la franchise n’est pas exclu. À noter qu’Eric Woog, le président, détient toujours la majorité du capital.

PDf