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Mercredi 06 février 2019

Miimosa ouvre sa plateforme au financement par des entreprises


La plateforme de financement participatif lance Miimosa Transition, une offre de financement permettant aux personnes morales de cofinancer des projets « de transition » aux côtés des particuliers. Elle a également présenté cinq premières entreprises partenaires, qui lui permettent de disposer d’ores et déjà « d’une dizaine de millions d’euros » de financement.


La plateforme de financement participatif lance Miimosa Transition, une offre de financement permettant aux personnes morales de cofinancer des projets « de transition » aux côtés des particuliers. Elle a également présenté cinq premières entreprises partenaires, qui lui permettent de disposer d’ores et déjà « d’une dizaine de millions d’euros » de financement.

La société de financement participatif Miimosa a annoncé le 29 janvier ouvrir sa plateforme au financement de projets agricoles par des personnes morales (entreprises, fondations…), au travers du lancement d’une nouvelle offre appelée Miimosa Transition. Jusqu’ici, la participation au financement était réservée aux particuliers. Ce nouveau service cible huit thématiques de « transition » (réduction de l’empreinte carbone, agroécologie, bien-être animal, agriculture de précision…) à travers des projets portés par de « grosses structures agricoles françaises sous contrat avec des distributeurs, coopératives ou transformateurs », a précisé Florian Breton, le fondateur de Miimosa, lors de la conférence de presse de lancement dans les locaux de l’Assemblée permanente des chambres d’agricultures (APCA).

Changement d’échelle

C’est un changement d’échelle pour la plateforme dont la majorité des projets concernaient jusqu’à maintenant une « agriculture vivrière de petite et moyenne taille avec peu ou pas d’accompagnement par l’Union européenne », selon Florian Breton. Créée il y a quatre ans, Miimosa revendique avoir déjà accompagné près de 1 700 projets pour près de 9 millions d’euros collectés et 100 000 utilisateurs.

Grâce à un nouvel agrément de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Miimosa Transition proposera des financements par des « mini-bons » ou des « obligations simples », des titres de dettes permettant à des personnes morales de contribuer à un financement participatif aux côtés de particuliers. Ceux-ci permettront « d’accompagner des projets beaucoup plus capitalistiques », insiste Florian Breton. Selon les cas, le montant du financement pourra aller de 50 000 à 1 M€, une fourchette supérieure à l’offre de financement « classique » de Miimosa, basée sur le don avec contrepartie ou le prêt participatif, et dont la limite maximum était de 200 000 €. Pour les « minibons », le plafond réglementaire maximal pour l’emprunteur, actuellement de 2,5 M€, devrait être relevé à 8 M€ en 2019. « On devrait certainement avoir un rehaussement des paliers d’accompagnement dans quelques mois » sur la plateforme, anticipe Florian Breton.

100 millions d’euros à terme

La plateforme a également présenté ses cinq premiers partenaires (Danone, Carrefour, Herta, D’aucy, Les Paysans de Rougeline) « qui tous s’engagent à co-investir dans des projets », précise Florian Breton. Ceux-ci permettraient au site de disposer d’ores et déjà « d’une dizaine de millions d’euros » de liquidités, son fondateur souhaitant « passer à 25 M€ assez rapidement », grâce à d’autres partenariats. À terme, la plateforme vise les 100 M€. Outre un apport financier, celle-ci offre surtout aux entreprises un levier de communication auprès du grand public. « Miimosa sera facilitateur de projets sur nos exploitations agricoles mais c’est aussi une forme de communication positive auprès des citoyens », a ainsi indiqué Jean-Claude Orhan, vice-président de D’aucy.

La coopérative bretonne veut s’appuyer sur Miimosa Transition pour plusieurs projets d’élevages de poules en plein air, en lien avec son objectif d’arrêter les élevages de poules en cages d’ici 2022. Des projets de maraîchage en production bio et deux projets de méthanisation sont également évoqués. « Ceux-ci se verront accorder un prêt qui sera complété par du financement particulier participatif », explique Jean-Claude Orhan. Herta envisage pour sa part d’utiliser la plateforme pour cofinancer les « projets de transition » des 300 éleveurs de sa « filière préférence », notamment en matière énergétique (méthanisation, panneaux solaires…), de passage à l’agroécologie ou d’amélioration du bien-être animale.

tant du financement pourra aller de 50 000 à 1 M€

 

Cinq premiers partenaires : Danone, Carrefour, Herta, D’aucy, Les Paysans de Rougeline

Romain Ouertal, AgraPresse



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