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Mercredi 11 octobre 2017

Objectif Europe


Au secours, les fonds activistes arrivent ! L’Europe est désormais dans leur viseur. Ces derniers mois, plusieurs fonds nord-américains sont parvenus à s’inviter au capital de grandes entreprises du Vieux Continent, dont plusieurs joyaux du secteur agroalimentaire.

Ainsi, Nestlé se retrouve aiguillé par Third Point, quand Danone, de son côté, doit prendre désormais en compte les avis de Corvex. Quant à Unilever, il s’est retrouvé en 2016 aux prises avec une tentative d’acquisition hostile menée par Kraft Heinz, aidé de 3G Capital.

Que veulent Daniel Loeb (Third Point), Keith Meister (Corvex) ou Nelson Peltz (Trian), ce dernier ayant déjà prouvé son appétit pour les pépites du secteur alimentaire européen ? Maximiser avant tout les revenus pour les actionnaires. Et surtout aller vite. Ils visent pour cela les entreprises trop lentes, à leurs yeux, à se séparer des activités peu rémunératrices, pour se concentrer sur les rendements immédiats.

Et ils enregistrent des succès. À coup de campagnes de communication et de prise de parole, ils mettent la pression sur les dirigeants. Et influencent le comportement des actionnaires. Nestlé a cédé en partie aux demandes de Third Point, se lançant dans une politique active d’acquisition de petites entités positionnées sur des segments porteurs. Et l’amenant à se séparer de certaines activités. Quant à l’arrivée de Corvex chez Danone en août, on n’en voit pas encore les effets, mais le fonds voudrait influer sur les décisions de l’entreprise pour l'amener à se positionner davantage sur la santé et le bien-être.

Il n’est pas sûr qu’il faille se réjouir de l’émergence de cette exigence de rentabilité immédiate. Les entreprises, grandes ou petites, ont surtout besoin de stabilité. Pas sûr qu’elles y gagnent en obéissant aux diktats d’actionnaires dépourvus de vision à long terme.

Cyril Bonnel