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Mercredi 12 juillet 2017

Paradoxe


Doucement mais surement, la législation sur la consommation d'insectes avance. Dernière nouveauté en date et comme prévue après le feu vert de Bruxelles en décembre 2016, la possibilité offerte depuis le 1er juillet d'utiliser les protéines animales issues des insectes dans l'alimentation des poissons.

De quoi conforter les start-up positionnées sur l'élevage d'insectes de poursuivre le développement de leur production à plus grande échelle. On pense notamment à Ynsect, la plus grosse entreprise française du secteur, qui s'est dotée, depuis le printemps, d'un site de production pilote dans le Jura, préalable indispensable au lancement d'une unité de production industrielle dans les deux ans à venir. Cette unité, la plus grande au monde, doit lui permettre de produire au moins 20000 tonnes de protéines d’insectes par an à base de larves de vers de farine.

Une bonne première étape donc pour le secteur, sachant que d'autres restent encore à franchir. Les professionnels visent en effet une évolution de la législation européenne pour utiliser des protéines d’insectes pour nourrir d’autres espèces de non ruminants, tels que les porcs et les volailles. Parallèlement, il faudra aussi se pencher sur l'utilisation de substrats alternatifs à ceux actuellement autorisés pour les insectes, qui sont les mêmes que ceux utilisés en alimentation animale. Trouver des déchets propres et sans risque en quelque sorte.

Il serait en effet assez abscons pour l'avenir que les insectes entrant dans la composition des aliments pour porcs et volailles consomment les mêmes substrats que ceux utilisés pour nourrir ces mêmes porcs et volailles.  

 

Perrine Delfortrie