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Mercredi 15 novembre 2017

Questions sans réponse


Certains échanges entre distributeurs pour savoir qui avait le plus d'ancienneté, comprenez de légitimité dans le paysage, lors de la signature de la charte au ministère de l'Agriculture mardi, étaient assez révélateur. Révélateur en effet de la difficulté, aujourd'hui comme hier et sans doute encore demain, de faire converger des concurrents vers un même point.

Si sur le papier personne évidemment ne conteste le bien-fondé des grands principes de cette charte, l'indiscutable divergence des intérêts économiques des différentes parties prenantes complique grandement leur application. Ça n'est un secret pour personne.

Mais soyons positif et ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure. La charte d'engagement pour une relance de la création de valeur et pour de son équitable répartition a été signée par tous, c'est plutôt bien. Reste maintenant à chacun à respecter ses engagements dans le box des négociations, avant que les protagonistes se retrouvent lors de leur rendez-vous début mars.

Si tout se passe bien, globalement à cette date, les distributeurs auront accepté les hausses de prix demandées par les fournisseurs, en tenant compte d'une juste rémunération pour les agriculteurs et le tout évidement en proposant une offre alimentaire toujours en amélioration et sans hausse de prix majeure pour le consommateur.

Sinon ? Eh bien sinon, on peut imaginer la mise en place d'une loi contraignante. Et toute la question aujourd'hui est là. Faut-il encadrer les négociations commerciales dans le carcan d'une loi encore plus stricte, encore plus sévère et appliquée sans faille ? ou au contraire essayer de trouver des solutions ensemble, dans le respect de chacun, avant de tuer définitivement la filière française ?

Perrine Delfortrie