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Mercredi 10 avril 2019

Qui dit vrai ?


Difficile, et même carrément impossible à l’heure actuelle, de départager le vrai du faux sur le déroulement et le bilan des négociations commerciales achevées fin février. Des négociations dont tout le monde attendait beaucoup, après l’entrée en vigueur de la Loi Egalim, censée encadrer la meilleure répartition de la valeur tout au long de la filière. Ce qui est certain, c’est que la profonde divergence des discours aujourd’hui en dit long sur les enjeux. 

D’un côté c'est toujours aussi alarmant, de l’autre les choses se sont améliorées. D’un côté, il y a toujours des demandes de baisses de prix, de l’autre des demandes de hausses sans lien avec la réalité. 

Et que dire des chiffres ? Chacun avance les siens et force est de constater qu’aucun ne correspond. Quand Richard Girardot, patron de l’Ania, chiffre la déflation sur les prix pour les entreprises à -0,5 % en 2019, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, parle d'« une tendance légèrement déflationniste de -0,27 % ». Quant à la Fédération des distributeurs (qui ne représente pas Leclerc et Intermarché), si elle ne donne pas de chiffres, elle déplore "la critique systématique et l’opacité" des industriels. Son président, Jacques Creyssel s’en remet donc au "bilan officiel, qui sera fait fin avril par la Médiation des relations commerciales agricoles (et) permettra de démentir ces affirmations totalement déconnectées de la réalité". Reste à espérer qu’il sorte quelque chose de ce bilan censé fournir une synthèse "fiable et partagée" d’après les résultats d’un questionnaire unique à toutes les parties prenantes…

À moins qu’il ne faille attendre les résultats de la commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution et de leurs groupements dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs. Autant dire qu’on n’en sortira jamais.

Perrine Delfortrie



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